Nigeria : 25 otages camerounais échappent à Boko Haram à Koumché près de Waza – 25/02/2015

Un car à Waza par Boko Haram. | Photo d'illustration
Un car à Waza par Boko Haram. | Photo d’illustration

Ils ont creusé un trou dans le mur de leur prison.

Ils sont 5 femmes et 20 enfants qui ont réussi à échapper, dans la nuit du 19 au 20 février 2015, aux combattants de Boko Haram.  Retenus otages dans la bourgade nigériane de Koumché à 40 km environ de Waza, ils avaient été enlevés dans la journée du 30 janvier 2015 dans le village camerounais de Gnam-Gnam à trois kilomètres de Waza. «Les combattants de Boko Haram sont arrivés dans le village dans la journée du 29 janvier 2015.

Ils ont brûlé des maisons et tués trois personnes. Le lendemain, alors que nous enterions nos morts, ils ont de nouveau surgi et ont pris les femmes et des enfants en otage», raconte un riverain. Parmi les personnes prises en otages, Hepsata Malloum, Goubdo Ibet, Helimata Ndjidda, Abissoya Tom, Hewa Ndjidda et de 20 enfants dont l’âge oscille entre 5 et 13 ans.

Malgré l’intervention de l’armée, les combattants de Boko Haram réussiront à franchir la frontière avec leurs otages et à s’évanouir dans la nature. «Aucune demande de rançon ne nous est parvenue. En réalité nous n’avions jamais eu de contact avec les ravisseurs», informe l’un des parents d’otages. Et voilà que dans la journée du 20 février 2015, toutes les personnes enlevées à Gnam-Gnam réapparaissent. «Nous n’avons été libérés ni par eux ni par personne d’autre. Nous nous sommes échappés grâce à nos efforts», explique l’une des cinq femmes. «Nous étions enfermés dans une chambre dans laquelle se trouvait une hache que nous avons utilisée pour perforer le mur en terre. C’est donc par un trou que nous nous sommes échappés. Nos geôliers étaient endormis parce que épuisés. Ils quittaient le village en journée et ne revenaient que le soir», poursuit-elle.

Les otages disent alors avoir marché toute la nuit pour atteindre le village de Kangaleri, près de la nationale n°1 avant de poursuivre jusqu’à Kinguerwa. C’est ici que les riverains donneront l’alerte à Waza d’où des véhicules partiront pour les amener sur Waza. Durant leur séjour à Koumché, les otages ont pu observer la vie quotidienne du village. Premier constat : le village est dépeuplé. Second constat : plusieurs maisons servent de prisons à la secte. «Nos ravisseurs nous donnaient à manger, mais par la suite, ils s’interrogeaient devant nous à haute voix sur ce qu’ils allaient faire de nous, s’ils allaient continuer à nous nourrir indéfiniment ?», indique une des otages. Si les otages de Gnam-Gnam ont pu s’échapper, il n’en reste pas moins que de nombreux Camerounais sont toujours détenus par la secte.

Plus près de nous, 80 personnes ont été enlevées à Mabas et Maxi dans le Mayo-Tsanaga, le 18 janvier 2015 et l’on est toujours sans nouvelles d’eux. Le 8 février 2015, 20 passagers d’un car étaient également enlevés au niveau du village Balaoudjiné entre les localités de Kuape et de Gouzoudou…

Source : © L’Oeil du Sahel

Par RAOUL GUIVANDA

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