Mutuelle Camair : la société Bekolo and Parteners s’entête

La société Bekolo and Parteners s’entête | Illustration/Archives
La société Bekolo and Parteners s’entête | Illustration/Archives

La structure en charge de liquider la défunte Cameroon airlines (Camair), maintient sa stratégie de liquider les 12.5 hectares de terrain appartenant à la caisse secours mutuel des ex-employés de ladite structure.

Emile Christian Bekolo, s’appuie sur la décision de justice rendue après avoir introduit le 21 octobre 2015, une requête aux fins de constater la dissolution de la Caisse de Secours mutuel de la Cameroon Airlines (Csm). Et désignant pour la même occasion, Désiré Elouna Atangana, liquidateur d’une entité morale n’ayant aucun lien direct avec les passifs et actifs de la défunte Camair

Alors que les tribunaux sont saisis en appel par les principaux ayant droits et que l’affaire est même déjà enrôlée et attend le liquidateur pour l’ouverture des débats, les liquidateurs ont multiplié des communiqués appelant les ex-employés à se «présenter pour le recensement en vue d’être remboursés, pour récupérer par la suite, toute la superficie du terrain acquis aux prix des souffrances et de peines», nous apprend un des leaders du mouvement qui parle d’une « grosse épreuve psychologique, sachant que les vieux sont dans l’immense besoin d’argent.»

La curiosité est d’autant plus grande, en voyant agir le trio de choc qui, selon des informations dignes de foi, joue avec la vie de ceux qui ont travaillé durement. En principe, du remboursement dont il est question ici, à en croire les sources proches du dossier, il s’agit de l’argent que l’Etat du Cameroun devait reverser à la caisse secours mutuel de Camair. «C’est 112 millions Fcfa représentant les avoirs des employés dans le processus de liquidation qui ont été remis à Bekolo and Parteners pour reverser à la caisse secours mutuel. Ce qui n’est pas le cas, puisque voulant s’approprier du terrain de la mutuelle, il a remis la moitié à Désiré Elouna Atangana, qu’il a désigné pour confisquer les 12,5 hectares de terrain que l’autre complice Jean Claude Lewat avait bien longtemps commencé à vendre avec une procuration à lui donner par on ne sait qui…», nous explique-t-on.

Grande confusion donc autour d’un processus de liquidation qui, à écouter les dires de ceux qui se considèrent aujourd’hui comme des victimes d’un système qui n’intègre aucune dimension sociale dans la gestion des biens collectifs. «Comme on est dans un environnement où l’égoïsme, la barbarie, la violence et la peur de l’autorité n’existant plus, les gens, tout âge confondu, portent des masques de monstres prêts à tout. La liquidation de la Camair a pris des ramifications, allant même jusqu’à toucher ce qui n’appartient pas à la défunte société. La société Bekolo and Parteners a créé ses lois que certains juges à Douala appliquent tout simplement. Sinon comment peut-on expliquer qu’une mutuelle soit considérée comme un vestige de la Camair au point d’être compté parmi les biens de la Cameroon airlines. Il faut que les professionnels du droit nous expliquent un peu cela…», réagit un membre du collectif qui dit attendre sereinement le 25 juillet 2016, prochaine date de l’audience en appel pour statuer sur leur sort.

En rappel

C’est en 1973 que tout commence, les cadres ayant des remboursements médicaux à 100%, les agents de maitrise, un peu. Les subalternes, rien du tout. Amadou Bello, alors directeur général, décide de créer la caisse de secours mutuel afin de permettre aux employés de supporter leurs frais médicaux. En 1979, il y a 70 millions Fcfa cotisés par 1750 membres. Et le bureau mise en place pense à l’investissement au lieu de garder l’argent.  Et de commun accord avec tous les membres, un terrain est acheté à Logbessou Douala de 12,5 hectares en 1980 et le titre foncier sort en 1982, fruit de cotisation de 2000 agents. Les responsables de l’époque pensent plus sérieusement et une instruction portant le statut de la caisse secours mutuel du 14 août 1982 signée par Amadou Bello. 1990, débutent alors les compressions alors même que les membres avaient contacté les banques et certains organismes internationaux pour créer une cité dans l’espace querellé aujourd’hui. Dans le cafouillage, tous les mutualistes partent de la Camair laissant derrière eux, le terrain acquis. Ce qui va profiter à certains malins qui, en 1995, décident de rédiger un document appelé nouveaux statuts qu’ils iront déposer chez le notaire Me Marquise Eboutou. Juste pour leur donner des titres et droits d’un terrain qui ne leur appartient pas et qui n’est non plus un bien de la Camair.

L’affaire continue….

Source : © La Nouvelle Expression

Par Alphonse Jènè

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