Musique : Manu Dibango en « soul humanitaire » – 12/05/2014

Le saxophoniste était la grande attraction d’un spectacle donnée samedi dernier à l’honneur des 50 ans de la Croix-Rouge camerounaise.

Manu Dibango - Photo d'illustration
Manu Dibango – Photo d’illustration

Une autre dimension, le plongeon dans le grand frisson. Une fois embarqués dans la navette « Manu », avec le cap mis sur la planète « soul makossa », il est difficile de sortir indemnes du voyage. Car l’expérience est ébouriffante, et même si l’aventure a été brève samedi dernier à Yaoundé, elle valait la peine d’être vécue. Comment rêver d’un meilleur appât qu’une prestation de Manu Dibango pour attirer des donateurs à une collecte de fonds ? La bonne idée est de la Croix-Rouge camerounaise qui fêtait en musique ses 50 ans, appuyée par le ministère des Arts et de la Culture.

Ravi de l’invitation, Manu Dibango n’a pas sourcillé. « Pendant que d’autres font tout pour gâter la terre, eux ils essayent de l’arranger. Bonne fête », a confié Manu comme pour marquer son accord, dans sa bonne humeur inhérente. Une déclaration et le voilà, déboulant enfin sur scène, saxo en sautoir. « Waka Juju » en introduction de classe, mais surtout en douceur. Le saxo envoûtant de Manu résonne enfin dans cette salle de cérémonie du siège de la Croix-Rouge, entrecoupé de sa voix grave et baroque, rythmé par la bande à Serge Maboma : l’orchestre du groupe Macase. Le public se décrispe.

En plus de « Waka Juju », Manu Dibango a offert trois autres hits : « Soul Makossa », « Aye Africa », « Le soir au village », parmi les innombrables tubes qui ont fait de lui ce monstre sacré de la musique. Il s’est laissé aller dans un « Happy birthday » de circonstance joué au saxo, et s’est réservé une improvisation si bien ficelée avec André Manga. Moment complice entre le mentor et le bassiste de renommée internationale, façonné à ses débuts dans les années 80 à l’école de Manu. Le nombre est ressorti. 80 comme 80 ans de Manu Dibango. Un octogénaire joyeux et tendre, au sourire éclatant, c’est ça Manu. A l’entendre souffler imperturbable dans son fidèle saxophone, on se dit que c’est à peine croyable. Complicité également entre Manu Dibango et William Aurélien Eteki Mboumoua, président de la Croix-Rouge Cameroun, lors de la remise du certificat d’accréditation au musicien, fait Ambassadeur humanitaire de bonne volonté de la Croix-Rouge camerounaise.

La collecte de fonds organisée par l’institution pour les réfugiés centrafricains a donc été marquée par un volet musical d’exception. Bien qu’il ait ébloui de sa classe la scène, Manu Dibango n’était pas le seul à s’y produire. Sissy Dipoko, son ancienne choriste a d’ailleurs ouvert le spectacle. D’autres noms, que quelques-uns n’ont pas hésité à baptiser la nouvelle génération, entre autres Kareyce Fotso et les X-Maleya, sans oublier le ballet national et le Keguegue international – pour la touche humoristique – ont répondu à l’invitation de la Croix-Rouge.

Source : Cameroon Tribune

Par Monica NKODO

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