Musique: Kareyce Fotso sort « Mokte » – 09/05/2014

L’album de 12 titres redéfinit les perceptions des cultures camerounaises et appelle à l’unité.

Kareyce FotsoComme un chapelet de berceuses chantées autour du feu ou un folk relaxant à écouter de préférence en fin de journée, « Mokte », la dernière trouvaille de Kareyce Fotso, invite à faire une pause. Une pause pour reconsidérer les atouts culturels du Cameroun et avancer main dans la main. Ça c’est la vision de son nouvel album « Mokte », qui signifie « croire » en langue ghomálá. L’opus composé en huit langues locales s’impose comme une caresse à ses auditeurs. 12 titres aux mélodies délicates qui s’arriment aux notes de guitare et aux percussions. L’ancienne chanteuse du Korongo Jam a misé sur ce qu’elle sait faire de mieux, manier sa guitare en accord avec sa voix de velours, délicatement éraillée. On n’en attendait pas moins d’elle.

Pour cet album, l’artiste brise sa logique « une femme, une guitare » et intègre un autre guitariste avec qui elle atteindra son idéal : montrer la diversité linguistique du Cameroun. Pour ce faire, elle a recours, à chaque fois, à un artiste originaire de la région ciblée. C’est ainsi qu’elle s’essaye au fufuldé avec Isnébo dans le titre « Kowadi ». Kareyce Fotso est encore plus à l’aise dans « Messa », qu’elle chante en ghomálá. Là, elle s’insurge, en toute subtilité, contre les mariages forcés. « Ndolo comment ça va ? », en duala parle également des couples mais présente une cellule familiale où le père et la mère doivent travailler pour répondre aux besoins de la famille.

Si Kareyce Fotso met un point d’honneur au respect de l’autre et à la cohésion, c’est parce qu’elle a été victime d’exclusion. « Mokte » est né d’un choc. Alors qu’elle vivait depuis toujours et en harmonie avec ses voisins dans un quartier de Yaoundé, l’un d’eux l’a giflée  d’un : « Rentrez chez vous ! », à la suite d’un malentendu. Première réaction de Kareyce Fotso : « Je ne savais pas qu’on en était encore là ». Donc, « Mokte » est un album carrefour fait de huit langues ou huit façons de s’aimer les uns les autres pour construire une nation. Et le choix de la date de sortie officielle de l’album n’est pas anodin. Ce sera le 20 mai, jour de la fête de l’Unité nationale. Elle présentera l’album le 16 mai à Douala et le 17 mai à l’Institut français de Yaoundé.

Source : Cameroon Tribune

Par Marilyne NGAMBO TCHOFO