Mort en détention de 25 personnes : Un autre rapport de Amnesty international épingle le Cameroun

Ilaria Allegrozzi, chercheur sur l’Afrique centrale à Amnesty international | Ph. Archives

Deux ans après la confirmation de la mort en détention de 25 personnes, leurs familles ignorent toujours leur lieu d’inhumation, selon Amnesty international. 

Dans un communiqué de presse publié ce 13 mars 2017, Amnesty international affirme que les autorités camerounaises doivent révéler l’identité et le lieu d’inhumation des 25 personnes dont le gouvernement avait reconnu, il y a deux ans jour pour jour, la mort en détention. Les défunts, peut-on lire dans le document,  faisaient partie des plus de 200 personnes arbitrairement arrêtées au cours d’une opération de ratissage le 27 décembre 2014 à Magdémé et Doublé, deux villages de l’Extrême-Nord du Cameroun. Une opération qui faisait suite à une attaque de Boko Haram. Parmi les personnes arrêtées par les forces de sécurité, et dont la liste complète avait été communiquée aux autorités camerounaises, « 130 sont toujours portées disparues. Les autorités se sont à ce jour contentées de la  confirmation de la mort en détention des 25 personnes. Aucune information ni sur leur identité ni sur leur lieu d’inhumation n’a été communiquée aux familles », constate l’organisation internationale qui renchérit par la voix de Ilaria Allegrozzi, chercheur sur l’Afrique centrale à Amnesty international: « cette interminable attente des familles qui ont perdu des êtres chers ne fait qu’accroitre  encore davantage leur souffrance ». Pour l’interlocuteur, le gouvernement doit garantir le droit des familles à la vérité, à la justice et à la réparation.

Rappelons que le 13 mars 2015, le Ministre de la Communication, Issa Tchiroma avait, au cours d’une conférence de presse, déclaré que 25 personnes parmi celles arrêtées en décembre 2014 avaient perdu la vie dans des cellules de fortune à la Légion de gendarmerie de Maroua, sans toutefois révéler l’identité des victimes, la cause exacte de leur mort, ni le lieu de leur inhumation. Le gouvernement camerounais avait informé Amnesty International en février 2016 qu’une enquête administrative interne avait été ouverte sur le cas de ces 25 personnes décédées en détention, a-t-on appris. Bien que les résultats de cette enquête n’aient pas été rendus publics, « la première audience d’un procès contre l’unique prévenu, le colonel Zé Onguéné Charles qui était à la tête de la gendarmerie pour la région de l’Extrême-Nord au moment des faits, a eu lieu le 21 juillet 2016 devant le Tribunal militaire de Yaoundé. Les charges retenues contre lui, sont d’ordre correctionnel et sont limitées à la (négligence et au non-respect des règles de garde à vue », mentionne l’organisme qui se demande où en est-on.

Le communiqué révèle qu’Amnesty International a documenté de nombreuses violations des droits humains commises  lors de l’opération de ratissage conduite à Magdéme et Doublé. « Au moins huit personnes, dont un enfant, ont été tuées illégalement et 130 ont été victimes de disparition forcée. Aucune enquête n’a été ouverte sur ces cas.  Une quarantaine de personnes sont quant à elles toujours détenues dans de très mauvaises conditions, dans l’attente d’un procès dont la date n’a pas encore été fixée », informe-t-on.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa

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