Mode : La couronne d’épines de Miss Cameroun

Julie Frankline Cheugueu Nguimfack, ex- Miss Cameroun 2016 | © Twitter

17 ans, voilà l’âge du Comité d’organisation Miss Cameroun plus connue sous l’abréviation « Comica ». Que le temps passe vite ! Hélas, ce que le petit Camerounais risque d’en retenir est qu’il faut se méfier des acronymes, ils sont parfois longs sur les ressorts cachés… Le Comica, c’est le roman dont on parle, mais pas toujours pour de bonnes raisons.

Abonné des frasques, il a tout l’air d’un bled perdu où le paradis et l’enfer s’affrontent. Un roman ? Oui, un roman d’Agatha Christie à la fin duquel on découvre le coupable, debout près du cadavre dans le jardin, un pistolet encore fumant à la main. Solange Ingrid Amougou, la présidente du Comica reste et demeure ce monument de grâce qui a le plaisir de rassasier nos yeux avec ce magnifique tableau ! Pablo Picasso traitait très mal les enfants et les femmes, alors qu’Hitler adorait les femmes, dit-on.

Solange Ingrid elle, a de l’appétit pour ses Miss, comme Saturne pour ses enfants. Vous a-t-elle jamais dit qu’elle cherchait à gagner un concours de morale ? De la Miss Cameroun 2009 à Julie Cheugeu, la reine 2016 découronnée en en passant par Miss Cameroun 2010 et la première dauphine 2016 qui a annoncé sa démission sur les réseaux sociaux, la question la plus simple à poser est : « que se passe-t-il avec ce Comica ? » Et la réponse est « Rien ! Circulez ! » A croire que le Comité d’organisation Miss Cameroun couche avec le mystère ! Mais, Dieu soit loué, le silence est une vertu rare chez les femmes… Il arrive que les langues de nos reines de beautés se délient et laissent transpirer de petites pratiques qui vont à l’encontre de toutes les fibres morales qu’on nous apprend depuis la naissance. Tenez.

Code de conduite

Anne Lucrèce, Miss Cameroun 2009, n’a jamais reçu ni les clés de sa Logan ni celles de la villa, qui lui étaient destinées. Pour la villa, il lui aurait été conseillé d’y vivre en ermite alors qu’elle aurait voulu s’y installer avec sa petite maman. Des choses se cacheraient-elles derrière d’autres ? Quoi ! Faire de nos reines de beauté des Miss Hôtel de ville en costume d’Eve ou des Miss volupté ? De la sauce de maquerelle alors ? D’après Julie Cheugeu, le code de conduite, le seul document (juridique ?) qui lie la Miss au Comica, se signe au moment où la lauréate s’apprête à monter au podium. Il y a tellement à dire sur le Comica qu’un livre entier n’y suffirait pas.

On comprend que nos Miss sont au mieux des valises qu’on balance partout au pire des accessoires marketings ou simplement, des vaches qu’on conduit à l’abattoir. Les mots sont feutrés, mais le tableau dressé n’en est pas moins inquiétant. La barque ne coule pas encore, elle s’enfonce. Le concept Miss Cameroun cumule les désillusions de ceux qui estiment qu’il faut fermer boutique avec les inquiétudes de ceux qui pensent que l’image du Cameroun et de la Première dame associée à cette grossière escroquerie reste sacrée.

Mais, y a-t-il vraiment de quoi provoquer une poussée d’urticaire ? Peut-être ne s’agit-il que d’un p’tit conflit générationnel entre beautés. Madame la présidente que ses Miss trouvent revêche et raide comme câble d’ascenseur, en est toujours une et croit dur comme fer qu’elle peut elle-même encore porter la couronne Miss Cameroun. A défaut de faire la couverture d’Amina…

Source : © Mutations