Media : L’Afrique, nouvel horizon des groupes audiovisuels – 26/10/2014

Signature d'une convention avec Canal+ par Aminata Daillo Glez(en bleu).
Signature d’une convention avec Canal+ par Aminata Daillo Glez(en bleu).

Nous parlons avec Amaury de Rochegonde, de l’hebdomadaire Stratégies, de la chaîne A+, qui a été lancée hier vendredi 24 octobre par le groupe Canal+ et qui témoigne des ambitions des groupes français en Afrique.

Elle s’appelle A+, se veut la « première chaîne panafricaine de séries, fictions et divertissements » et représente un gros enjeu pour le groupe Canal +, qui compte en Afrique 1,3 million d’abonnés et 6 000 employés. A travers un concours de talents ou des émissions de cuisine et de coiffure, le groupe veut montrer qu’il fait de la télévision pour les Africains élaborée par les Africains eux-mêmes. D’où aussi la présence de séries sénégalaises, congolaises, ivoiriennes ou nigérianes, des productions locales que le groupe entend encourager en étant je cite « un catalyseur de la création » comme le fut Canal+ en France il y a trente ans. Seule différence, il n’y aura ni journal télévisé, ni magazine d’info ni même info-divertissement comme sur la chaîne française.

S’agit-il de ne pas heurter les gouvernements africains afin d’éviter des déconvenues comme celle de la BBC au Rwanda qui fait face à une menace de suspension de sa licence après un documentaire critique contre le président Paul Kagamé ? En tous les cas, Canal+ cherche à consolider ses positions sur le continent alors que son bouquet de chaînes est mensuellement remis en cause du fait d’un système de paiement mobile qui compte chaque mois sur le réabonnement de 70 % des abonnés. Sans oublier la concurrence de bouquets de chaînes, comme celui des chinois de Star Times qui cassent les prix avec des offres certes moins étoffés mais moins coûteuses. D’autant qu’ils proposent parfois l’installation d’émetteurs de TNT gratuite en parallèle du développement d’un bouquet de chaînes payantes numériques. Ce n’est pas pour rien que Canal + a demandé à être opérateur de TNT en Afrique : il s’agit d’être au plus près des populations locales.

Canal+ n’est d’ailleurs pas le seul média français à vouloir se développer en Afrique. Après Le Point, Le Monde lancera en décembre un site d’informations sur le continent, avec cinq à dix journalistes. Le Figaro nourrirait un projet comparable et adapté aux supports mobiles. Quant à Lagardère, il présentera le 7 novembre son développement africain, notamment une nouvelle radio musicale au Sénégal et la chaîne pour enfants Gulli Africa. Parallèlement, pour des raisons budgétaires, l’agence audiovisuelle AITV, rattachée à France Télévisions, est menacée d’interrompre son service quotidien aux télés africaines le 30 novembre, en plein sommet de la francophonie. De plus en plus s’impose l’idée que pour réussir en Afrique, les médias doivent être africains ou conçus en grande partie par les Africains eux-mêmes. C’est le cas de la chaîne A+ dont l’équipe est installée à Abidjan.

Source : RFI

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