Mactar Sylla : « Label TV et radio veut conquérir tous les auditoires »

Mactar Sylla, journaliste sénégalais initiateur du projet ‘’Label TV et Radio’’ | DR
Mactar Sylla, journaliste sénégalais initiateur du projet ‘’Label TV et Radio’’ | DR

Promoteur d’un groupe de presse panafricain dénommé Label TV et Radio, le Sénégalais Mactar Sylla, très connu dans le paysage médiatique mondial, revient sur les contours de ce projet dont le siége est à Libreville (Gabon).

Comment est né le groupe audiovisuel panafricain dont vous êtes le promoteur ? Et en quoi consiste ce projet ?

Nous avons d’abord opté pour un plateau technologique de référence internationale. Le projet est panafricain mais à vocation internationale : panafricain dans le sens où c’est du contenu africain et international parce que nous voulons aller à la conquête de tous les auditoires.

Quand on fait de la radio ou de la télévision il n’y a pas de produit pour l’Afrique et des produits pour les autres. Nous avons la prétention d’être dans des normes internationales notamment à l’ère du numérique.

C’est vrai que pour mettre en place un projet comme cela qui nécessite beaucoup de moyens nous n’avons pas respecté tout à fait le calendrier mais je crois que lorsqu’on verra l’œuvre vous vous rendrez compte que cela valait la peine d’avoir un petit retard.

Quels défis pour les professionnels des médias africains à l’ère du numérique, notamment nos chaînes de télévision dont la plupart ont de faibles productions. Quels contenus doivent avoir les télévisions africaines pour ne pas rester en rade ?

D’abord être au point au niveau technologique, le numérique le permet. Il nous faut avoir des contenus de bonne qualité technique, mais également pertinents. Il faut sortir de cette manière de faire la télévision comme nous l’avons fait de manière très institutionnelle où on pense que tout se résume à la politique et aux couvertures institutionnelles etc. Il faut poser les vrais débats, les vrais enjeux, il faut que nous soyons les reflets des préoccupations de notre auditoire

Il faut donc prendre exemple sur le Nigéria, à travers Nollywood. Ce que ce dernier a fait d’autre pays africains peuvent le faire et cela va permettre qu’il y ait une véritable offre africaine, plurielle, pluri thématique

L’Etat doit aussi régulariser et accompagner, prendre les mesures qu’il faut et ne pas considérer que ce n’est qu’un secteur secondaire car la communication est un secteur économique par excellence. Dans les seuls Etats-Unis, le chiffre d’affaires de tout ce qui provient de la communication et de ses produits dérivés dépasse le chiffre de l’industrie automobile mondiale. Donc cela veut dire que les enjeux sont de taille.

La plupart des média sont confrontés à un défi de financement, ne pensez- vous pas que le secteur privé devrait s’impliquer pour amorcer ce financement ?

Absolument. Mais si nous, les professionnels des médias qui avons un certain vécu et sommes à une certaine posture et qui avons la capacité de mobiliser des financements, d’avoir des prêts bancaires du point de vue de la crédibilité dont nous pouvons jouir auprès de telle ou telle institution, si nous ne le faisons pas pourquoi voulez-vous que les autres qui peuvent aller dans d’autres secteurs qui rapportent toute suite, le fassent ?

Mais il faut dans ce secteur des pionniers qui tracent le sillon, qui aillent dans ce sens et donnent des opportunités aux jeunes. La rentabilité est politique, elle est sociale, elle est économique. La communication est un sacerdoce, une vocation, un amour ; on ne rentre pas dans la communication pour faire de l’argent.

Le projet en soi est assez original comme vous l’expliquez. Mais avez-vous mené des campagnes d’incitation dans les grandes capitales africaines pour faire adhérer les populations et les entreprises ?

Nous allons effectivement passer à cette phase de pouvoir rencontrer le maximum de chefs d’Etat, d’autorités mais également d’institutions panafricaines et africaines, pour que les gens s’en saisissent et en fassent leur projet.

L’Afrique a besoin de toutes ses forces pour que ces différents trous puissent être bouchés, elle a besoin de collaboration, d’échange et de participation en tout point de vue. Le monde marche comme cela et nous Africains ne devons pas déroger à la règle et faire chacun son truc dans son coin.

Un projet de cette envergure à nécessité un gros financement ? A combien peut-on l’évaluer ?

L’investissement, c’est clair que c’est plusieurs milliards de francs CFA mais on a bénéficié de l’accompagnement d’Orabank.

© CAMERPOST avec © APA

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