Lycéennes enlevées au Nigéria : Silence honteux des Premières dames africaines ? – 27/05/2014

Les regards de la « communauté internationale » sont tournés vers le Nigeria, où la secte Boko Haram a enlevé à la mi-avril plus de 200 lycéennes qu’elle compte marier de force ou vendre comme esclaves.

Chantal Biya.  Lors de l'adhésion de Sylvia Bongo Ondimba à Synergies africaines contre le sida et les souffrances. © DR
Chantal Biya.
Lors de l’adhésion de Sylvia Bongo Ondimba à Synergies africaines contre le sida et les souffrances. © DR

Cela fait tache en plein troisième millénaire, et le monde s’en émeut. S’affichant sur les réseaux sociaux, pancarte à la main, l’épouse de Barack Obama a provoqué une pluie de réactions et engagé nombre d’autres personnalités à publier leur… ardoise de «Bring back our girls» sur la Toile. Mais l’on se demande où sont passées les Premières dames d’Afrique dans cet élan généralisé d’appels éplorés ?

Impossible de rater ça.

Sur Twitter, mais également sur Facebook, des célébrités du monde politique et artistique postent leurs poses déconfites avec la désormais célèbre pancarte qui clame : BringBackOurGirls («Rendez-nous nos filles»). Face à l’impuissance, voire la démission des autorités nationales nigérianes, ce slogan est très vite devenu le point de ralliement du combat… virtuel que livrent diverses personnalités contre le groupe islamiste Boko Haram, qui rejette l’éducation occidentale.

Et c’est à qui mieux mieux sur la Toile; les réseaux sociaux se donnent à fond dans la socialisation, euh, pardon, la mobilisation contre ces autres barbus qui embrigadent des centaines d’innocentes jeunes filles. Et c’est sans payer aucune royaltie à Obiageli Ezekwesili, ancienne vice présidente de la Banque mondiale pour l’Afrique, qui la première a usé de ce slogan lors d’une prise de parole le 23 avril dernier dans la ville nigériane de Port Harcourt, que «Bring back our girls» est devenu le hashtag le plus usité sur la Toile.

Tweeté près de deux  millions de fois depuis le 1er mai, des personnalités n’ont pas hésité à prendre fait et cause pour un retour de ces filles. En rejoignant la campagne de soutien, Michelle Obama, la First Lady américaine, a certainement donné un coup de cravache intéressant au mouvement. S’affichant sur Twitter, pancarte à la main, l’épouse de Barack Obama a provoqué une pluie de retweets et engagé nombre d’autres personnalités à publier leur… ardoise de «Bring back our girls» sur Twitter et sur Facebook.

Mais où sont donc passées les Premières dames d’Afrique dans cet élan généralisé d’appels éplorés? Se sentent-elles au moins concernées par cette campagne qui  concernent, tout de même et quoi qu’on puisse en penser, des centaines de jeunes filles d’Afrique, capturées juste là, au Nigeria, aux portes de leurs propres pays? Comment des personnalités du monde occidental, et pas des moindres, peuvent-elles se mobiliser de la sorte pendant que dans les cercles plus proches du drame, on ne sent pas déjà une implication plus grande ?

Ou bien serait-ce que ces dames et autres personnalités agissent – préfèrent agir- dans l’ombre et en toute discrétion? Évidemment, la lutte ne doit pas se mener que sur Internet. Mais sans doute, les protestations virtuelles ont déjà produit un effet: Boko Haram a en effet fait savoir qu’il comptait monnayer ces captives contre des prisonniers. Et François Hollande, plus que jamais « Capitaine Zorro », a réuni samedi 17 Mai à l’Elysée les chefs d’Etat Goodluck Jonathan de la République fédérale du Nigéria ; Mohamadou ISSOUFOU, Président de la République du Niger, Thomas BONI YAYI, Président de la République du Benin, Idriss DEBY ITNO, Président de la République du Tchad et Paul BIYA, Président de la République du Cameroun, pour intensifier la mobilisation régionale et internationale afin de lutter contre le terrorisme du groupe Boko Haram.

Une rencontre au sommet qui était élargie à des partenaires européens et qui, sans être le bâton magique pour libérer les 223 lycéennes nigérianes enlevées à Chibok le 14 avril, a eu le mérite de camper une situation horrible et de dégager, sans doute, des pistes sérieuses pour mieux lutter, en synergie contre cette nouvelle plaie de la bande sahélo-sahélienne. Du moins faut-il l’espérer…

Source : © La Nouvelle Vision

Par Patrick Aroga

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1 Commentaire sur "Lycéennes enlevées au Nigéria : Silence honteux des Premières dames africaines ? – 27/05/2014"

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Valery Engola

la bouche qui mange ne parle pas!!!

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