Lutte contre Boko Haram : le renseignement d’abord

Le renseignement d’abord dans la lutte contre Boko Haram | © Quentin Leboucher, AFP / Illustration
Le renseignement d’abord dans la lutte contre Boko Haram
| © Quentin Leboucher, AFP / Illustration

Les responsables en charge du renseignement des pays du Bassin du Lac Tchad sont à Yaoundé depuis mardi pour définir une stratégie commune relative à l’exploitation et au partage des informations.

Question à un sou : comment lutter contre une nébuleuse ? Réponse de Jean Baptiste Bokam, secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la gendarmerie nationale (SED) : « Face à la monté du phénomène terroriste…, le renseignement, dans sa globalité, est la base de toute décision et demeure la clé de toute action ». Ainsi parlait le SED mardi à l’ouverture de la conférence de renseignement militaire des pays membres de la Commission du bassin du Lac Tchad (CBLT). Face à ce BokoHaram dont on ne connaît, ni le visage, ni la stratégie, encore moins la capacité opérationnelle, le renseignement garde toute sa dimension stratégique dans la détection des menaces, l’identification et le suivi des groupes et individus, l’anticipation, la prévention et la gestion des crises. Dans le cadre de la lutte contre cet ennemi commun, les pays membres de la CBLT doivent rester alertes et partager leurs renseignements en temps réel, tel est le défi de l’heure. Car ces renseignements sont une denrée périssable, d’où l’importance de leur transmission à temps à ceux qui en ont le droit. Un suspect identifié à un point donné et à un temps précis peut changer de position à un moment donné. Comment partager ces renseignements et les coordonner au sein de toutes les forces en tenant compte du facteur temps ? Tel est le but de la conférence ouverte hier à l’Ecole supérieure internationale de guerre de Simbock.  Il sera question d’échanger sur la gestion de la masse d’informations récoltée et son exploitation judicieuse.

La conférence de Yaoundé est la mise en œuvre d’une recommandation de la troisième réunion des ministres de la Défense, des chefs d’Etat-major et des chefs des services de renseignement de la CBLT des 22 et 23 juillet 2014 à Niamey. Elle est conjointement organisée par le ministère de la Défense du Cameroun avec le partenariat de l’ambassade des Etats Unis au Cameroun dont le chef de mission était personnellement présent à la cérémonie d’ouverture. Autre présence significative, celle du général de brigade Lo Adeosun, commandant de la Force multinationale mixte. Pendant trois jours, sortira des réflexions une stratégie commune de mutualisation des moyens et des sources de renseignement en faveur des chefs de renseignement militaire des pays de la CBLT. La conférence s’achève demain.

Source : © Cameroon Tribune

Par Jeanine FANKAM