Lutte contre Boko Haram : La mobilisation générale de l’Union africaine – 30/01/2015

La présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma a annoncé à Addis Abeba la mise en place d'une force régionale de lutte contre Boko Haram de 7500 hommes. © AFP/ISSOUF SANOGO
La présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma a annoncé à Addis Abeba la mise en place d’une force régionale de lutte contre Boko Haram de 7500 hommes. © AFP/ISSOUF SANOGO

Le mot d’ordre a été lancé par l’Union africaine lors de son Conseil de paix et de sécurité (CPS) ce jeudi 29 janvier dans la soirée à Addis Abeba, à laquelle participaient une quinzaine de chefs d’Etat. Ne manquaient que le Nigérian Goodluck Jonathan et le Camerounais Paul Biya. L’Union soutient la mise en place d’une force multinationale de 7500 hommes, et s’est fixée un objectif ambitieux : convaincre les Nations unies de financer son offensive militaire.

Objectif New York : c’est le cap que se sont fixés ce jeudi 29 janvier à Addis Abeba les chefs d’Etat africains confrontés à la menace Boko Haram. Le mois prochain, l’Union africaine va donc saisir officiellement le Conseil de sécurité des Nations unies, pour lui demander d’apporter, à travers un fonds dédié, un trust fund, une aide logistique et financière à la force multinationale africaine de quelque 7500 hommes, qui sera appelée, selon la présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, à combattre Boko Haram.

L’Union africaine soutient en effet l’initiative de la Commission du bassin du lac Tchad, c’est-à-dire l’idée d’une force multinationale mixte comprenant le Nigeria, bien sûr, mais aussi le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Bénin. C’est ce qu’a décidé la quinzaine de chefs d’Etat réunis au sein du Conseil paix et sécurité, une décision qui devrait être avalisée par l’Assemblée des chefs d’Etat et de gouvernement aujourd’hui et demain. Le Nigeria et ses voisins ont en effet réussi à se mettre d’accord sur une position commune, après des mois de défiance et d’incompréhension. Mais si l’Union africaine, à travers la commission du bassin du lac Tchad, a des hommes, elle manque en revanche cruellement de moyens.

Rassurer les bailleurs de fonds

Les Nations unies financent cependant déjà l’opération africaine en Somalie, et celle au Darfour. Et alors que l’ONU envisage de réduire l’effectif et le nombre de ses opérations de maintien de la paix, va-t-elle accepter fournir des fonds pour soutenir une force dont elle ne maîtrise pas les contours. Comme l’expliquait le ministre nigérien des Affaires étrangères à la sortie de la réunion du conseil paix et sécurité, il va falloir rassurer les éventuels bailleurs de fonds.

C’est pourquoi l’Union africaine veut se donner le temps de bien définir les règles d’engagement de sa force anti-Boko Haram. Des règles les plus strictes possible, afin d’épargner les victimes civiles et ne pas commettre les mêmes bavures meurtrières que l’armée nigériane.

Des experts africains se réuniront donc à Yaoundé, du 5 au 7 février prochain, pour définir les détails opérationnels de la force internationale mixte, et ce n’est donc qu’après cette rencontre, que l’Union africaine saisira formellement New York, avec l’espoir que les Occidentaux, une fois rassurés sur le mode d’action de cette force, mettront la main à la poche pour alimenter le fonds.

Source : © RFI

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