Lutte contre Boko Haram et atteintes aux droits de l’homme : quand Amnesty international épingle le Cameroun

Amnesty international épingle le Cameroun d’atteintes aux droits de l’homme dans le cadre de la lutte contre Boko Haram | © Noel Quidu / Illustration

L’organisation Amnesty International a signalé, dans son rapport 2016/2017 publié mercredi, de nombreuses atteintes aux droits de l’homme au Cameroun.

Après avoir égrené les nombreuses exactions et autres infractions au droit international humanitaire, commises par la secte islamiste Boko Haram dans la région de l’extrême-Nord et qui ont également provoqué le déplacement de plus de 170.000 personnes, l’ONG s’attarde sur la riposte des autorités et des forces de sécurité, qui « se sont rendues coupables de violations des droits humains, y compris d’arrestations arbitraires, de détentions au secret, d’actes de torture et de disparitions forcées ».

Le rapport s’attarde aussi sur les multiples restrictions aux libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique, à la violente répression contre des manifestations organisées dans les régions anglophones à partir de fin octobre 2016.

Dans le même ordre d’idées, des journalistes, étudiants, défenseurs des droits humains et des membres de partis d’opposition ont été arrêtés et parfois jugés par des tribunaux militaires alors que des gays bisexuels, transgenres ou intersexués (LGBTI) « étaient toujours en butte à la discrimination, à des manœuvres d’intimidation et au harcèlement, bien que le nombre d’arrestations et de poursuites ait continué à baisser ».

Arrestations et détentions arbitraires

Aux exactions perpétrées par Boko Haram, le rapport cite, s’agissant du gouvernement, pêle-mêle des cas d’arrestations et détentions arbitraires, de torture, de morts en détention et de disparitions forcées, d’atteinte à la liberté d’expression, d’association et de réunion.

Amnesty dénombre également des procès inéquitables, l’impunité dont jouissent les forces de sécurité engagées dans des opérations contre Boko Haram, des conditions carcérales « désastreuses » ainsi que le non-respect des droits des réfugiés et des migrants.

Le rapport dénonce les entorses au droit à un niveau de vie suffisant concernant l’accès aux services sociaux de base, la sécurité alimentaire, l’instauration d’une peine de prison pour non-paiement de loyer ainsi que le maintien de la peine de mort dans le cadre de la loi antiterroriste « extrêmement partiale », adoptée en décembre 2014.

© CAMERPOST avec © APA

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