LIVRE: Kotto Bass, le revenant

« Kotto Bass comme un oiseau en plein envol ». C’est le titre du roman que vient de publier Danielle Eyango. Le livre qui relate la vie et les circonstances de la mort de Kotto Bass, est le fruit des entretiens que le disparu a eu en songe avec l’auteur.
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Les morts ne sont pas morts. Ce vieil adage est bien connu de tous les africains. Et au regard du déroulement de certains événements, cet adage semble souvent revêtir toute sa place dans notre continent.

Kotto Bass a quitté ce monde dans la nuit du 19 au 20 novembre 1996. A la fleur de l’âge. Au sommet de son art. Une foule immense avait alors accompagné le génie dans sa dernière demeure. Le monde entier avait pleuré l’artiste à la voix envoutante et le guitariste hors norme. L’on savait alors qu’on ne reverrait plus jamais « le mari d’Edith ». On le savait alors parti à jamais. Bien que non. Kotto Bass est toujours vivant. Il est encore parmi nous. C’est ce que nous révèle sa nièce Danielle Eyango dans son roman au titre révélateur : « Kotto Bass comme un oiseau en plein envol ». Kotto Bass apparaît en effet à sa nièce en songe. « Ça commence à mon insu. Je ne m’en rends pas compte. Je suis à Buea. Nous sommes en 2000, donc quatre ans après la mort de tonton vieux Kotto Bass. J’ai alors 18 ans et il commence à venir dans mes rêves à trois heures du matin. Il me demande d’écrire chaque fois qu’il vient », confesse-t-elle.

La jeune dame pense alors que ce n’était qu’un rêve : « je n’y crois pas, mais au bout de trois mois, je me suis dit qu’il faille se jeter à l’eau ». Danielle Eyango se décide alors de consigner toutes ces conservations dans un livre. « Je commence à écrire tout ce qu’on se dit ». Cela prendra alors plus de 11 ans. « C’est en décembre 2011, comme d’habitude à 3 heures du matin qu’il apparaît. Il s’assoit sur mon lit et me demande de lui lire le manuscrit que j’ai eu à écrire. Quand je finis, il me regarde et me dit : ça y est, l’oiseau peut s’envoler », indique-t-elle.

Le roman de 188 pages est donc le résumé des entretiens que Kotto Bass a eu avec sa nièce après sa mort. Les préoccupations familiales sont au menu de leurs conversations. « Nous parlions des tensions familiales et il me conseillait de tout pardonner », révèle-t-elle. 

Le décès de Kotto Bass avait considérablement ébranlé la jeune dame. « Il était comme mon père. C’est lui qui s’est toujours occupé de moi. Sa disparition m’a tourmentée », confie-t-elle. La haine et le désir de vengeance sont alors les sentiments qui animent désormais Danielle Eyango. En revenant discuter avec lui en songe, son projet est de la voir abandonner cette ambition de vengeance. « Tu es malade de haine, tu es à l’agonie, mais tu ne le sais pas », lui dit-il.

Le livre revient aussi sur la vie de Kotto Bass. L’on apprendra alors qu’il était le pilier de sa famille. C’est à trois ans qu’il est atteint de poliomyélite. Ce qui allait l’exposer d’emblée à toutes formes de souffrances. Un handicap que l’artiste a dû surmonter au prix de nombreux efforts.

Danielle Eyango qui est ainsi à son premier roman, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, elle qui considère l’écriture comme une thérapie.

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