Liquidation : le calvaire des ex-employés de la Biao-Cameroun

Le calvaire des ex-employés de la Biao-Cameroun | Ph. Illustration

Ils broient du noir voilà 27 ans aujourd’hui. Le mandataire de la Biao-C réclame 237 755 192 Fcfa à l’Etat du Cameroun. Tandis que les ex-employés de ladite entreprise réclament 2 026 158 183 de Fcfa. C’est une colère qui pousse ces derniers à observer un sit-in dans la capitale politique, question de pousser le Gouvernement à sortir de sa réserve.

Les informations recueillies par CAMERPOST révèlent que bien que l’Etat semble reconnaître ses dettes, rien n’est concrètement fait pour donner aux concernés ce qui leur revient de droit. « Nous souffrons. Nous sommes dans la misère depuis et nous avons entretemps perdu certains de nos collègues. Le Ministère des Finances, la Primature, tous ont été approchés. Il était question de résoudre le problème. Sauf que depuis la dernière réunion tenue entre toutes les parties le 25 juillet 2016, c’est le statu quo », se plaignent les ex-employés de la Biao-Cameroun. En dépit des lettres de rappel et des correspondances adressées au SG du Ministère des Finances, ils n’ont eu aucune réaction.

UN CONFLIT QUI DATE DE MATHUSALEM

C’est à se demander quand  est-ce que les droits sociaux des anciens employés de la Biao Cameroun, banque liquidée depuis 1990, seront payés? 27 ans après l’arrêt définitif des activités de cet établissement bancaire, plus de 500 personnes prises dans l’étau de la confusion et du marchandage… Ce sont des hommes et des femmes diminués par le poids de l’âge et les affres d’un problème qui n’a pas de suite favorable.

Rappelons qu’en 1990, suite à la faillite de la Bnp Paris, la maison mère de la Biao Cameroun, la banque française décidait de se retirer du capital social de sa filiale camerounaise. La Bnp Paris faisait alors parvenir un chèque de 11 milliards de Fcfa à la Biao, qui représentait son “ticket de sortie “. Cet argent devait servir, entre autres, à la liquidation des droits sociaux de l’ensemble des travailleurs de la Biao , calculés depuis Paris, et consignés dans un bordereau. L’ensemble de ces droits sociaux étaient évalués à près de 3,6 milliards Fcfa.  A la réception de l’argent, le gouvernement camerounais décide de procéder autrement. Un compte fut ouvert dans les livres de la Bicec, sous le nom “Biao-Etat”, dans lequel sont déposés les 11 milliards de Fcfa venus de Paris en maintenant fictivement en vie  la banque (Biao), avant donc de décider de sa liquidation. Sauf qu’à ce jour, le calvaire des plaignants perdure.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa