Législatives et Municipales 2013 : pourquoi l’opposition a échoué aux municipales

En attendant la proclamation officielle des résultats par la cour suprême, la commission nationale de recensement des votes est à l’ouvre et va rendre sa copie dans les toutes prochaines heures. Pour les municipales le constat est claire, le RDPC confirme sa suprématie en s’arrogeant plus de 300 exécutifs municipaux.

electionDans les rangs des formations politiques, l’heure est au bilan. Le grand vainqueur de cette consultation est le RDPC. Malgré les réelles et légitimes frustrations liées aux investitures, qui auraient pu constituer un handicap, force est reconnaitre que la grosse machine du parti au flambeau ardent a fait montre d’une redoutable efficacité. Quels ont été les leviers de cette réussite ?

D’abor, les moyens. Il est évident que pour mener à bien une campagne sur toute l’étendu du térritoire, il est impératif de disposer de ressources nécessaires. Au sujet du RDPC la question ne se pose pas (suivez mon regard) …par le seul fait d’être présent dans toutes les communes du pays, le parti de Paul Biya a remporté sur tapis vert une centaine de communes où il était le seul en course.

Ensuite la stratégie. Omniprésent sur terrain et par ricochet sur les médias, le RDPC a occupé l’espace physique et psychologique, de manière méthodique et ordonnée, pour une élection locale, les pontes du parti au pouvoir ont privilégié l’image du président et ont récupéré le programme des grandes réalisations qu’ils ont brandi aux populations. Ainsi, les têtes de listes ont toutes été reléguées au second plan. En réalité les populations sensées choisir un maire qu’ils connaissent et dont le projet pour la municipalité est connu et lisible, ont opté pour un parti. Qu’elle n’a pas été la surprise des observateurs au autres journalistes de constater que lors de la campagne et parfois en pleine cambrousse, certaines personnalités ressources et autres présidents de commissions présentaient aux populations des projets structurants n’ayant rien à voir avec leurs réalité quotidienne. Le maitre mot était : faite confiance au RDPC incarné par le président Paul Biya. Aussi paradoxale que cala puisse paraitre, la stratégie a visiblement fait mouche.

Enfin la faiblesse structurelle du camp d’en face. Combien de formations politiques au Cameroun peuvent présenter un programme ou projet de société ? Pour certains le seul fait d’exister constitue un exploit. Un exploit qui ouvre les portes aux diverses subventions et autres frais grassement octroyés par l’Etat. Dans l’opposition Camerounaise, la notion de mise en commun des moyens et des ressources pour un objectif unique n’existe pas. Pourtant pour une élection locale notamment législative, le bon sens voudrait que face à l’ogre RDPC, que des coalitions se formes afin d’avoir le maximum d’élus à l’assemblée nationale. Parce qu’en réalité, c’est au parlement qu’il est possible d’influer sur la marche du pays. Une telle évidence vous vous en doutez bien n’échappe pas à nos responsables politiques, mais la réalité des égaux surdimensionnés, des querelles de clocher, des égoïsmes mesquins et des luttes d’influence est bien plus urgente que la gestion des affaires de la cité.

Hakim ABDLKADER