Législatives et municipales 2013 : les cartes d’électeurs ne séduisent pas

Pour participer au double scrutin du 30 septembre 2013, les électeurs devront nécessairement se munir de leur carte d’électeur à l’entrée des bureaux de vote.

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55% c’est le taux officiel de retrait des cartes publié par Elecam. A moins d’un mois de l’échéance, le constat qui s’impose est que ces cartes ne font pas courir les camerounais. Se n’est surtout une question de qualité ou de conception, le document en lui-même est plutôt bien pensé et bien conçu. La raison il faut peut être la chercher dans l’habitude qui semble coller à la peau de nombreux camerounais, à savoir s’inscrire sur le registre des adeptes de la dernière heure.  Au-delà de ce reflexe bien camerounais, la cacophonie qui semble venir d’Elecam n’arrange pas les choses. Le jeudi 11 juillet 2013, lors d’une concertation avec les partis politiques et la société civile, Mohaman Sani Tanimou le Directeur Général des élections explique à ses interlocuteurs que les cartes peuvent êtres retirées le jour même du scrutin, dans les bureaux de vote. Dans la même logique, il laisse entendre que le document n’est pas indispensable d’autant plus qu’il est possible de voter avec sa Carte Nationale d’Identité (CNI). Quelque jours après, le 22 juillet 2013, le même Directeur Général des élections signe une décision qui précise dans son article 7 : « toute fois, l’électeur qui ne dispose pas de la carte électorale mais dont le nom figure sur la liste électorale du bureau est autorisé à prendre part au vote à la condition qu’il puisse être identifié au moyen de sa Carte Nationale d’Identité (CNI)». Une sortie du DG que certains membres du Conseil d’Elecam qualifient d’erreur de communication. ”Bourde” serait peut être l’expression appropriée. Sinon en toute logique, comment peut-on inciter les populations à aller retirer leurs cartes d’électeur tout en leur disant qu’en réalité il est possible de voter sans le document ? C’est certainement ce triste constat qui a justifié la conférence de presse tenue le 29 juillet 2013, au palais des sports de Yaoundé. Quelques minutes avant la session de plein droit du conseil électoral d’Elécam, Samuel Fonkam Azu’u explique aux journalistes que les électeurs doivent retirer leurs cartes électorales car dit-il, les CNI ne peuvent pas les remplacer. A force d’arguments il précise que les éléments de précision du bureau de vote figurent sur la carte d’électeur, qu’il faut être inscrit sur une liste pour avoir une carte d’électeur. Pour lui, la possibilité de voter avec la CNI n’intervient que si l’électeur régulièrement inscrit a égaré sa carte d’électeur. Se serait donc une situation exceptionnelle.

En attendant, les responsables du RPDC, conscient de la controverse, ont décidé de mettre en place des commissions. Ces dernières devront descendre sur le terrain et expliquer entre autres, aux militants la nécessité de retirer leurs cartes d’électeurs.

Hakim Abdelkader