Législatives et Municipales 2013 : l’administration en mode courte permission

La campagne électorale a officiellement débuté le dimanche 15 septembre 2013. L’ouverture des hostilités consacre par ricochet la désertion des bureaux et autres services administratifs.

minfi

« Le chef n’est pas là…pour votre dossier il faut repasser après la campagne donc à la fin du mois ». Le refrain est sur toutes les lèvres dans les secrétariats de nombreux hauts cadres de notre administration. Les préposés à l’accueil des usagers semblent prendre un malin plaisir à emboucher la trompette de la campagne électorale pour se tourner les pouces et déserter leurs postes. Il faut reconnaitre qu’ils appliquent les consignes comme on dit chez nous. En réalité le constat s’impose. L’administration à défaut d’être paralysée tourne au ralenti. Et le prétexte est tout trouvé pour certains cadres qui n’hésitent pas à demander des courtes permissions à leurs employeurs. Officiellement c’est pour les besoins de la cause. « Moi je ne suis engagé dans aucun partis politique mais je vais demander une permission d’une semaine pour aller faire un tour dans mon village…les bureaux sont déserts et il n y’a pas grand-chose à faire ici », explique Jean Tchimi cadre informaticien dans un ministère. Il est devant son ordinateur et s’occupe en jouant au Zuma (jeu sur ordinateur). « En plus tous les dossiers qui arrivent doivent revêtir la signature du patron pour avancer…nous ne pouvons rien traiter sans les instructions de la hiérarchie…et tous les patrons sont sur le terrain pour la campagne » poursuit-il sans lever les yeux de son écran.

Les usagers quant à eux n’ont pas d’autres choix que de patienter. Quelques soit l’urgence de la situation. « J’ai un dossier qui traine au ministère des finances depuis plusieurs mois…je n’attends que le paiement toutes les étapes ont été franchies mais on me demande de repasser après les élections et peut être même après les résultats… ils m’ont même affirmé que les paiements sont bloqués jusqu’à nouvel avis l’argent serait mobilisé pour les élections… donc le pays est bloqué à cause des élections » fulmineCharles Bondie fonctionnaire. Il faudra donc s’armer de patience ou faire contre mauvaise fortune bon cœur, en mettant ce temps libre à profit pour connaitre les propositions, les offres, les programmes des différentes formations politiques ainsi que les profils des candidats.

Hakim ABDEKADER