Le rat rôti de Tonga : une spécialité culinaire locale

Les usagers de la route, notamment  ceux de l’axe Yaoundé-Bafoussam sont familiers à l’escale quasi obligatoire de Makénéné. Lentement et en passant par la marmite, la petite bourgade de Tonga un peu plus loin fait son  chemin. Sa spécialité: le rat rôti.

rat_rotiLes défenseurs acharnés de la  protection animale  risquent de  faire une attaque en lisant ses lignes. Mais les  amateurs d’expériences culinaires  trouveront certainement ici une raison de faire une halte à Tonga à la limite entre le département du Mbam et inoubou dans le Centre, et  la région de l’Ouest Cameroun. À peine le véhicule immobilisé, qu’une horde de jeunes gens vous entoure et vous agresse presque. Chacun propose sa marchandise avec insistance. Dans des marmites, bien en évidence, qui laissent s’échapper un délicieux fumet, des morceaux de viandes rôtis sont  proposés. Ne vous y risquer pas sans au préalable demander quel est l’animal ainsi sacrifié pour le plaisir de vos papilles gustatives. À Tonga c’est connu, le rat rôti est la spécialité. Le rongeur se  mange avec du plantain cuit à la braise. «  Je vais à Bafoussam et je ne manque jamais de faire une pause à Tonga pour manger un morceau de rat, c’est un ami qui m’a fait découvrir ce délice » explique Philippe cadre administratif. Le jeune homme poursuit en justifiant son penchant « chez nous c’est un met de premier choix, d’ailleurs les enfants et les femmes n’ont pas le droit d’en manger ». Puis avec un sourire en coin il conclut sur un ton sentencieux en portant à la bouche un morceau de viande, une cuisse de rat: « je comprends pourquoi seuls les vieux doivent en manger…). Sa collègue Judith affiche son dégout « je ne suis pas prête à tenter cette expérience…quoi qu’on me dise le rat est comme une sourie en plus gros…pas question d’en manger ».

Les dames qui proposent ces morceaux du rongeur, s’approvisionnent chez les chasseurs des alentours. Ces derniers se défendent en disant venir en aide aux agriculteurs qui se plaignent des dégâts réguliers causés par les rats dans les plantations. Ils font d’une pierre deux coups.  Notre souci en rédigeant ces lignes n’est pas de juger, de condamner ou d’absoudre quiconque. L’objectif est juste de vous faire partager une expérience, l’instant d’une halte sur une route du pays.

Hakim Abdelkader

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