Le droit de transit du pétrole tchadien revalorisé de 195 à 618 FCfa le baril

Le gouvernement camerounais, représenté par le ministre des Mines, Emmanuel Bonde, a signé le 29 octobre 2013 à Yaoundé, un avenant à la convention d’établissement de COTCO (Cameroon Oil Transportation Company), qui revalorise le droit de transit du pétrole tchadien sur le territoire camerounais.

Pipeline_cameroun_tchad

Ce droit de transit, selon le quotidien gouvernemental, Cameroon Tribune, qui révèle cette information, passe désormais de 195 francs Cfa (0,41 dollars) le baril, à 618 francs Cfa (1,30 dollars) le baril, permettant ainsi à la partie camerounaise de tirer plus de revenus de l’exploitation de l’oléoduc Tchad-Cameroun.

C’est depuis 2010 que le gouvernement camerounais avait annoncé son intention de renégocier ce droit de transit. Lors d’une séance de travail avec les responsables de COTCO en 2011, le ministre des Finances d’alors, Essimi Menyé, avait déclaré : «Nous n’allons pas demander une réévaluation du taux de rémunération de ce droit de transit. Nous allons simplement demander que l’équivalent nous soit payé en pétrole». Cette hypothèse présentée par l’ancien ministre des Finances n’a visiblement pas prospéré au cours des dernières négociations, qui, apprend-on, se sont déroulées en présence de la partie tchadienne, entre le 7 février et 1er août 2013.

L’idée de renégocier le droit de transit du pétrole tchadien sur le territoire camerounais à travers le pipeline Tchad-Cameroun découle d’un constat : trois années seulement après la mise en service de l’oléoduc en 2003, profitant de l’embellie des cours mondiaux du pétrole brut sur le marché international, le consortium Exxon Mobil-Petronas-Chevron Texaco, avait déjà réussi à rembourser des dettes de plus de 2400 milliards de FCfa contractées auprès de bailleurs de fonds pour la réalisation de ce gigantesque projet.

Dans le même temps, le Cameroun se contentait de revenus annuels moyens de 6 milliards de FCfa, au titre de droit de transit. A titre d’illustration, entre le 1er janvier 2013 et le 15 mai dernier, le Trésor public camerounais n’a encaissé que 2,3 milliards de FCfa pour avoir vu transité sur son territoire 10,4 millions de barils de pétrole tchadien, selon les statistiques du CPSP.

Dans les prochains mois, a annoncé le CPSP, la Britannique Griffiths et la China Petroleum vont également évacuer leurs productions tchadiennes grâce au pipeline Tchad-Cameroun, contribuant ainsi à procurer un peu plus de ressources financières au Trésor public camerounais, grâce au paiement du droit de transit.

Agence Ecofin – Brice R. Mbodiam