Le Cameroun a ses premiers sénateurs

La Cour Suprême du Cameroun a rendu sa décision le lundi 29 avril 2013. Les 70 sénateurs élus sont connus, le chef de l’Etat devra en nommer 30 autres. Ces derniers, viendront porter à 100 le nombre de sénateurs qui constitueront la chambre haute du parlement camerounais.

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Lundi 29 avril 2013, le siège de la cours suprême a été littéralement pris d’assaut dès les premières heures de la matinée. Nombreux sont ceux qui tenaient à vivre en direct ce grand moment de l’histoire de la jeune démocratie camerounaise. Il a fallu près de deux heures à Alexis Dipenda Mouelle le président de la Cour Suprême pour présenter les résultats officiels de l’élection sénatoriale du 14 avril 2013. Il en ressort que le RDPC le parti au pouvoir est le grand vainqueur de cette consultation avec un total de 59 élus.

La formation politique de Paul Biya a présenté des listes dans 8 des dix régions que compte le Cameroun et à raflé la mise. Le principal parti de l’opposition, le SDF que dirige Ni John Fru Ndi s’en sort avec 14 sénateurs. Les grands perdants de cette élection restent l’UNDP de Bello Bouba Maigari et l’UDC de Adamou Ndam Ndjoya. Aucune de ces formations politiques n’a pu remporter le moindre siège. Dans le grand Nord, autrefois bastion de l’UNDP, la stratégie mise en place n’a pas porté de fruit. Même la région de l’Adamaoua qui semblait acquise au regard du nombre de grands électeurs appartenant à l’UNDP est tombée dans la besace du SDF. Une situation paradoxale d’autant plus que le SDF ne compte aucun conseiller municipal, ou grand électeur dans cette région.

De nombreux observateurs s’accordent pour dire qu’il pourrait s’agir en réalité d’un accord entre le SDF et le RDPC. Le parti de Ni John Fru Ndi obtient des sénateurs dans une région où il n’a pas la moindre influence et le RDPC fragilise l’UNDP dans sur son propre terrain. L’UDC, l’autre perdant de cette élection sénatoriale semble avoir été sanctionné par le RDPC qui a clairement demandé à ses électeurs de voter en faveur de la liste du SDF. La raison avancée pour justifier cette consigne de vote est que la liste présentée dans la région de l’Ouest par la formation d’Adamou Ndam Ndjoya comptait 4 noms sur 7 issus du même département à savoir le Noun. De l’avis du Professeur Jacque Fame Ndongo membre du comité central du RDPC, « cette liste présentait un repli identitaire voire ethnique qui ne cadre pas avec la politique d’union prônée par le président Paul Biya ».

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