L’Afrique invitée à innover pour trouver des financements à la lutte contre les changements climatiques – 15/10/2015

L’incertitude qui entoure le niveau de financement international consacré à la lutte contre les changements climatiques en Afrique doit davantage pousser à faire preuve de « créativité et d’innovation » pour lever des fonds provenant à la fois de sources nationales et extérieures, ont affirmé mercredi à Marrakech, des experts en environnement, lors du 9 -ème forum sur le développement de l’Afrique (ADF).

Considérée encore comme la région la « plus vulnérable » aux changements climatiques, l’Afrique peine toujours à accéder à ces financements et à absorber de manière efficace les fonds reçus, selon les animateurs du panel organisé dans le cadre de l’ADF-9.

« Trop de déclarations faites lors des conférences internationales sur le climat, mais ce sont toujours des promesses jamais tenues », s’emporte un paneliste égyptien, habitué des innombrables Conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP) dont la 20ème édition se tiendra en décembre 2014 à Lima (Pérou).

En écho à cette remarque, un intervenant invite l’Afrique à essayer de compter sur ses propres ressources financières et humaines pour faire face aux effets pervers des changements climatiques.
Un paneliste a proposé de mettre à profit la jeunesse du continent pour investir dans l’agro business afin de mieux lutter contre les changements climatiques, étant donné que le secteur agricole en Afrique emploie 60 à 70 pour cent de la population active.

Devant l’impasse dans laquelle se trouvent actuellement les pays développés pour tenir leurs engagements en matière de financement, ont-ils souligné, les philanthropes africains et les membres de la diaspora devraient être sensibilisés à la question des changements climatiques.

Suite à la crise économique, de nombreux pays développés ont réduit leurs budgets en matière d’aide extérieure, plongeant l’avenir de l’aide bilatérale dans l’incertitude.

La création d’un Fonds africain pour les changements climatiques, géré par une institution africaine, a récemment été évoquée comme un moyen de répondre aux besoins spécifiques de l’Afrique.

Il avait été auparavant crée le Fonds spécial ClimDev-Afrique pour offrir à l’Afrique une base solide sur laquelle bâtir une réponse. Ce Fonds a été lancé par trois des institutions de développement du continent, à savoir la Commission de l’Union africaine (CUA), la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et la Banque africaine de développement (BAD), sous l’égide de l’Initiative Climat pour le développement en Afrique (ClimDev-Afrique).

Il est géré par la BAD et fournit des ressources financières et des incitations aux agences nationales, aux organismes régionaux et à d’autres parties prenantes pour concevoir et mettre en place des projets stratégiques et des services d’information sur le climat.

En octobre 2013, le Fonds avait reçu 26 propositions de projet pour une demande d’environ 76 millions de dollars.

Placé sous le thème « les modes de financement innovants pour la transformation de l’Afrique », le 9ème Forum africain pour le développement (12-16 octobre) offre aux participants une occasion idéale pour débattre des mécanismes de financement novateurs dans les cinq domaines que sont la mobilisation des ressources nationales, les flux financiers illicites, le capital investissement, les nouveaux types de partenariat et le financement de la lutte contre les changements climatiques.

La rencontre vise essentiellement à renforcer la capacité du continent à rechercher des mécanismes de financement novateurs come une alternative réelle pour financer le développement qui transformera l’Afrique.

© Camer Post avec © APA

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