La vente de chiots, une mine d’or

Le commerce de chiots s’intensifie dans la ville de Yaoundé. Les points de vente à ciel ouvert se multiplient.

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Le décor est pratiquement le même. Un ou plusieurs individus bravent debout, le soleil ardent. Les bras chargés de chiots en bas âge, ils attendent des clients. A leurs pieds du matériel pour le dressage des chiens. Quiconque acquiert un chiot, devra forcément acheter une chaine ou un collier. Dès la matinée les vendeurs investissent les artères les plus fréquentées par les usagers de la route.

La vente de chiots n’est pas une activité secondaire. Plusieurs personnes en ont fait leur activité principale. Martial KANA âgé de 26 ans « vend des chiots depuis l’âge de16 ans ». L’activité lui rapporte suffisamment d’argent pour subvenir à ses besoins.  « Au départ la vente d’un chiot lui rapportait 10 000 CFA. Plus tard en réalisant des croisements il a obtenu des sujets plus gros, vendus à 20 000 CFA ». A l’instar du jeune homme, tout vendeur se doit de prendre un certain nombre de précautions au quotidien. « Le matin je fais bouillir des œufs que j’emporte avec moi. J’apprête aussi du lait que je vais donner aux chiots, sans sucre ». Ainsi le vendeur de chiots propose des sujets résistants aux clients. Outre les hybrides issus de croisements, il existe des chiots dits de « race pure ». Selon les connaisseurs « les chiens de race pure sont vendus à partir de 200 000 CFA. Ce sont le berger belge, le berger russe, le canis corso (…) Seul le berger allemand est vendu à 150 000 CFA. Il est assez répandu sur le marché. Les hybrides et les races locales sont vendus à 10 000 ou 20 000CFA ».

Les vendeurs à ciel ouvert réalisent de bonnes affaires. Les clients affluent. Marie Z a acquis un chiot « pour sa beauté. Aujourd’hui elle voit en lui un bon chien de garde ».  Toutefois le trafic des chiots n’est pas un long fleuve tranquille. Le secteur est investi par des arnaqueurs. Les acheteurs non avertis acquièrent des sujets locaux ou des hybrides, au lieu de chiens de race pure. Selon Christelle KOUEGUEU, Docteur vétérinaire, « il faut systématiquement faire examiner les chiens acquis en bordure de route par un vétérinaire, afin de les débarrasser de tout ce qu’ils ont comme germes ».

Le produit ne manque pas malgré la demande qui est parfois importante. Les vendeurs en nombre réduit par rapport à la population totale, parviennent à satisfaire un grand nombre de demandeurs. Ils ont « recours à des femelles reproductrices. Les propriétaires de femelles reproductrices leur fournissent des chiots mis au sevrage. Ainsi les chiots ne manquent pratiquement pas ». Seule entrave à l’activité des vendeurs de chiots, les patrouilles de la municipalité qui parcourent les rues de Yaoundé.

Olivier NDEMA EPO

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