La libre circulation devrait (enfin) stimuler les échanges économiques entre les pays de la CEMAC

Les échanges commerciaux entre les six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) que sont le Cameroun,  le Gabon, le Congo, la RCA , le Tchad et la République centrafricaine, sont estimés à moins de 1%, selon une analyse de la Commission de la CEMAC. Ces statistiques sont dérisoires par rapport à des regroupements communautaires tels que celui de l’Afrique australe qui revendique des échanges intra-communautaires de l’ordre de 5%, mais surtout de la région Afrique de l’Ouest, dont les échanges entre pays membres culminent déjà à 15 %.Selon les experts, les échanges entre pays membres de la CEMAC sont aussi insignifiants à cause des difficultés rencontrées dans la libre circulation des hommes et des biens, pourtant proclamée par la convention portant création de la CEMAC, mais qui s’est, pendant longtemps, heurtée à la réticence des pays tels que le Gabon et la Guinée équatoriale. Aussi, pour accéder à ces pays, les ressortissants de la zone CEMAC, y compris les opérateurs économiques, ont, non seulement toujours eu maille à partir avec les autorités consulaires des deux pays sus mentionnés pour l’obtention des visas, mais aussi ont généralement fait l’objet de tracasseries diverses et de racket au cours de l’exercice de leurs activités.

A titre d’exemple, une étude réalisée par l’Union européenne et présentée devant les chefs d’Etat de la CEMAC au cours du Sommet de Bata de 2006 en Guinée équatoriale, avait révélée que le fret entre Douala, la capitale économique du Cameroun, et Ndjamena au Tchad, correspondait au fret payé par vol par un opérateur économique, entre Paris et Douala ; ceci à cause des bakchich à verser aux différents contrôles de police, de gendarmerie et de la douane installés tout le long du corridor Douala-Ndjamena.

Avec le lancement du passeport biométrique CEMAC qui va définitivement instituer la libre circulation des hommes et des biens dès le 1er janvier 2014 entre les pays membres de cet espace communautaire, c’est, selon les experts, une nouvelle ère qui s’ouvre sur les échanges commerciaux entre les pays membres de la CEMAC.

Aussi, beaucoup voient, par exemple, les 350 milliards de francs Cfa de marchandises tchadiennes qui transitent par le Cameroun être décuplés, de même que les 55 milliards de francs Cfa de marchandises centrafricaines, sans compter la délocalisation et la création des entreprises de part et d’autre des pays, ou encore les transactions autour des produits de l’agriculture (secteur qui emploie 70% de la population active de la zone CEMAC), qui représentent, selon la Commission de la CEMAC, 44% des échanges entre les six pays membres de cette communauté économique.

( Agence Ecofin ) –