La fermeture de la frontière Cameroun-RCA menace d’asphyxie économique le régime de Djotodia

Le gouverneur de la région de l’Est du Cameroun, Samuel Ivaha Diboua, annonce ce 22 août 2013 dans une interview publiée par le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, que la frontière Cameroun-RCA est fermée «jusqu’à nouvel avis». Cette décision a été prise à la suite de l’assassinat le 21 août dernier de l’officier de police camerounais Dallé Ngando, chef du poste frontière de Toktoyo, assassinat perpétré par des rebelles centrafricains de la Séléka, au terme d’une altercation survenue quelques temps auparavant dans un débit de boisson avec un gendarme camerounais.

La fermeture de la frontière Cameroun-RCA dans la localité camerounaise de Toktoyo survient ainsi après celle de Gari-Gombo, fermée depuis 2008 par décision du préfet du département camerounais de la Boumba et Ngoko de l’époque. Ces deux frontières fermées, ce sont, selon les statistiques de la douane camerounaise, les 55 milliards de francs Cfa de marchandises centrafricaines transitant par le Cameroun qui sont ainsi mises en péril.

A cela, il faut ajouter les retombées du commerce transfrontalier entre opérateurs économiques des deux pays, lesquels échanges commerciaux constituent le poumon de l’économie des villes situées de part et d’autre de la frontière. Ce Commerce est d’autant plus hypothéqué que pratiquement au même moment que le gouverneur Ivaha Diboua prenait la décision de fermer la frontière, le Syndicat des transporteurs professionnels du Cameroun, soutenu par l’Union syndicale des transporteurs centrafricains, adressait aux autorités centrafricaines un préavis de grève au cas où l’insécurité continuerait de régner sur le trajet Garoua-Boulaï- Bangui.

En effet, selon les transporteurs camerounais, à l’arrivée au pouvoir à Bangui de Michel Djotodia il y a cinq mois, et par crainte de subir les exactions des rebelles de la Séléka, les conducteurs camerounais avaient décidé de suspendre le transport des marchandises vers la capitale centrafricaine. Menacé d’asphyxie économique par cette décision, le régime de Michel Djotodia avait envoyé un émissaire à Garoua Boulaï pour convaincre les transporteurs camerounais de reprendre le travail.

Décision avait alors été prise, de concert avec les autorités camerounaises, indique le journal Mutations dans son édition du 22 août 2013, de faire escorter les camions camerounais bondés de marchandises sur l’axe Garoua-Boulaï-Bangui, afin d’éviter toute exaction des rebelles. Mais, apprend-on, cette résolution n’a jamais été appliquée, et les transporteurs ont continué de subir le racket des membres de la rébellion Séléka. Il y a un mois, un transporteur camerounais est d’ailleurs tombé sous les balles de ces mêmes rebelles, qui viennent d’ôter la vie à un officier de police camerounais, en le criblant de balles à son poste de commandement.

( Agence Ecofin ) –

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