Journée mondiale contre le paludisme : L’engagement énergique des États membres de l’OCI – 24/04/2015

Dr Ahmed Mouhamad Ali, patron de la Banque Islamique de développement (BID).
Dr Ahmed Mouhamad Ali, patron de la Banque Islamique de développement (BID).

Les dirigeants réunis à Djeddah pour la Journée mondiale contre le paludisme, appellent à un investissement accru pour sauver des vies et faire progresser les efforts de développement.

DJEDDAH, Arabie Saoudite, 23 avril 2015/ — En prélude à la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, célébrée chaque année le 25 Avril, les dirigeants de la Banque islamique de développement (BID) (http://www.isdb.org), de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et du Partenariat Roll Back Malaria (RBM) ont organisé une réunion et une exposition de photos à l’Hôtel de ville de Djeddah, en Arabie Saoudite, afin de sensibiliser sur le fléau du paludisme dans les pays de l’OCI. S’appuyant sur l’importance de cette dernière Journée mondiale contre le paludisme célébrée dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) des Nations Unies, les participants ont pris note des progrès considérables réalisés dans la lutte contre cette maladie évitable et traitable au cours des 15 dernières années et ont appelé à un engagement et une action collective accrus pour faire progresser les efforts vers les ambitieux objectifs d’éradication du paludisme, en particulier dans les pays de l’OCI.

Dans son message à cette occasion, M. Iyad Ameen Madani, Secrétaire général de l’OCI, a souligné le rôle central de la santé dans développement socio-économique et humain en général. Par conséquent la santé a été une question prioritaire à l’ordre du jour de l’OCI avec la prévention et le contrôle de la maladie comme l’un des six grands axes du Programme d’action stratégique de l’OCI en matière de santé (SHPA- 2014-2023). M. Madani a réaffirmé l’engagement de l’OCI à continuer de renforcer sa collaboration avec Roll Back Malaria (RBM) et le Fonds mondial. Il a appelé les Etats membres de l’OCI à continuer d’accorder l’attention qu’il faut à la maîtrise et à l’élimination du paludisme et de renforcer les efforts nationaux dans ce domaine. Il a vivement exhorté les pays, organisations et philanthropes donateurs de la région de l’OCI à accroître leurs contributions aux efforts visant à vaincre et à éradiquer le paludisme, en vue de combler le déficit de financement de la couverture universelle de ces efforts.

Dans son allocution, le Président de la BID, Dr Ahmad Mohamed Ali a indiqué que le développement humain est la pierre angulaire des activités de développement de la BID, et que cela ne peut être réalisé sans l’éradication complète des maladies comme le paludisme, qui est devenu un problème de santé publique dans nos pays membres.

“Nous devons travailler ensemble pour assurer que le paludisme soit relégué aux oubliettes de l’histoire, plutôt que de continuer à menacer la survie de nos peuples. Il est impensable de parler de développement sans avoir une société en bonne santé. Le fléau du paludisme a été l’un des problèmes de santé que nos pays membres s’efforcent ardument à éliminer. Il doit être considéré comme un problème mondial, qui doit être résolu une fois pour toutes, et la BID s’engage à jouer son rôle”, a déclaré le Dr Ahmad Mohamed Ali, Président de la BID.

“Nous avons connu d’énormes progrès au cours des dernières années – y compris dans certains pays de l’OCI – mais beaucoup de travail reste à faire au moment où nous passons à un nouveau programme de développement post-2015 et mettons le cap sur des objectifs ambitieux d’élimination,” a déclaré le Dr Fatoumata Nafo-Traoré, Directeur exécutif du Partenariat Roll Back Malaria. “L’accroissement du financement sera essentiel pour que nous puissions continuer à sauver des vies et à mener à bien les efforts de développement. J’exhorte les dirigeants des Etats membres de l’OCI – les pays touchés par l’endémie et les pays donateurs confondus – à accroître leur appui aux efforts visant au contrôle et à l’éradication du paludisme pour que les communautés de ces pays puissent s’épanouir”.

Malgré les meilleurs efforts déployés, l’Organisation mondiale de la Santé estime que le paludisme continue de causer d’environ 198 millions de cas d’infection dans le monde chaque année, coûtant la vie à environ 584.000 personnes dont près de 80% sont des enfants de moins de 5 ans. Avec une estimation de 131 millions de cas et 402.000 décès liés au paludisme chaque année, les pays de l’OCI comptent pour plus de la moitié de la morbidité de cette maladie et du bilan social et économique associé dans le monde. Environ 85% des cas de paludisme qui surviennent dans les pays de l’OCI sont dans les Etats membres d’Afrique sub-saharienne.

Aujourd’hui, 13 pays de l’OCI figurent parmi les 23 pays les plus touchés par le paludisme à travers le monde, qui constituent près de 80% des cas au niveau mondial, à savoir le Nigeria, l’Ouganda, le Mozambique, le Burkina Faso, le Soudan, le Niger, la Guinée, l’Indonésie, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Cameroun, le Pakistan et le Bénin. En Afrique sub-saharienne en particulier, 12 pays de l’OCI sont inclus dans la liste des 18 pays au plus lourd fardeau d’endémie palustre qui comptaient au total 90% des infections du paludisme dans la région en 2013.

Avec plus de la moitié de la population mondiale à risque d’infection, le paludisme constitue une menace alarmante pour le développement du monde entier. Chaque année, le paludisme coûte au continent africain – où se trouvent 23 pays de l’OCI – un minimum d’environ 12 milliards de dollars en perte de productivité, et dans certains pays à fort taux de morbidité, il peut représenter jusqu’à 40% des dépenses de santé publique.

Avec un financement accru et une meilleure coordination dans le cadre du Partenariat RBM, les taux de mortalité du paludisme ont diminué de 47% dans le monde et de 54% en Afrique seulement depuis 2000. Depuis 2001, plus de 4 millions de décès liés au paludisme ont été évités, dont la grande majorité concerne des enfants de moins de 5 ans.

Le paludisme s’est toujours avéré être l’une des interventions de santé les plus rentables de l’histoire, étant donné que les interventions connexes sauvent des vies et font progresser plus largement les efforts de développement en réduisant l’absentéisme scolaire, en luttant contre la pauvreté et en améliorant la parité des genres et la santé maternelle et infantile, entre autres. Les vies sauvées dans le cadre des interventions de lutte contre le paludisme ont entrainé une réduction de 20% de la mortalité toutes causes confondues des enfants en Afrique sub-saharienne depuis 2000, créant ainsi une génération de jeunes en meilleure santé et conduisant à des progrès vers l’OMD 4.

Pour les Etats membres de l’OCI, un leadership politique fort et le soutien du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ont permis de consacrer plus de 4 milliards de dollars à des projets de lutte contre le paludisme depuis 2002, y compris plus de 210 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide distribuées et des millions de cas de paludisme traités conformément aux directives nationales efficaces.

Pourtant, beaucoup de travail reste à faire pour surmonter le fardeau disproportionné que le paludisme continue de faire peser sur les communautés de l’OCI à travers le monde. Tout au long de leur discussion à Djeddah, les dirigeants ont appelé à un engagement plus fort des gouvernements, des philanthropes et des organisations non-gouvernementales, exhortant à une action multisectorielle pour assurer que toutes les mesures nécessaires soient prises pour l’éradication du paludisme dans les pays de l’OCI d’ici 2030.

Un financement accru sera crucial pour réaliser davantage de progrès, étant donné que le financement international et national pour le paludisme, qui s’élevait à 2,5 milliards de dollars en 2012, représente moins de la moitié des 5,1 milliards de dollars que RBM estime nécessaire chaque année jusqu’en 2020 pour atteindre une couverture universelle des interventions de lutte contre le paludisme. Les pays de l’OCI dans le seul continent africain font face à un déficit de financement d’un montant estimé à 2,8 milliards de dollars en 2017 pour une mise à niveau adéquate des interventions de lutte contre du paludisme.

La Journée mondiale contre le paludisme a été instituée par les États membres de l’OMS lors de l’Assemblée mondiale de la Santé de 2007. Elle est célébrée le 25 Avril de chaque année pour souligner la nécessité d’investissements continus et d’un engagement politique durable pour la lutte contre le paludisme en vue de son éradication. Le thème de la campagne 2013-2015 est “Investir dans l’avenir. Vaincre le paludisme”.

Distribué par APO (African Press Organization) pour la Banque islamique de développement (BID).

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