Jean Ping : ”la Cour constitutionnelle a pris parti en faveur d’Ali Bongo”

Jean Ping en janvier 2012. | © REUTERS/Noor Khamis
Jean Ping en janvier 2012. | © REUTERS/Noor Khamis

La Cour constitutionnelle gabonaise, en confirmant la victoire d’Ali Bongo, a fait du ‘’parti pris’’ en faveur de ce dernier, a estimé Jean Ping, le candidat malheureux, qui a toutefois souligné qu’il ne cesserait pas de revendiquer sa victoire car il reste le président ‘’clairement élu’’ de l’élection présidentielle du 27 août dernier.

”En déposant un recours devant la Cour constitutionnelle, j’ai voulu être légaliste, de bonne foi, en prenant la communauté internationale à témoin. Mais une fois encore, une fois de plus, une fois de trop, devant l’évidence du verdict des urnes, la Cour a montré ses limites à travers son incontestable parti pris », a affirmé Jean Ping, lors d’une conférence de presse donnée samedi après-midi à Libreville.

Réagissant pour la première fois au verdict de Cour constitutionnelle qui lui donne 47,24 pour cent des voix contre 50,66 des voix à Ali Bongo, Jean Ping a martelé : ‘’Je ne reculerai pas. Président clairement élu des Gabonais, je demeure à votre côté pour défendre votre vote et votre souveraineté’’.

Il faisait référence à ses partisans dont plusieurs d’entre eux étaient présents lors de sa rencontre avec les journalistes.

‘’Le 27 août le peuple gabonais a exprimé son choix dans les urnes. Aucune décision d’aucune instance ne pourra jamais changer cette réalité », a souligné Jean Ping avant de s’engager à s’assurer ‘’que le choix du peuple gabonais est respecté’’.

Sur le même ton très remonté, il a garanti que ‘’2016 ne sera pas 2009’’, histoire de dire que les soupçons de fraude qui avaient surgi lors de la première élection d’Ali Bongo sont les mêmes que pour cette année mais cette fois-ci ce sera différent car il ne laissera pas passer.

Au chapitre des réactions au verdict de la Cour constitutionnelle et à l’appel au ‘’dialogue politique’’ lancé par le président réélu mais ignoré par Jean Ping dans sa sortie, le président Idriss Déby du Tchad, par ailleurs en exercice de l’UA, a dit, dans un communiqué, qu’il prenait acte de l’arrêt de la juridiction.

Il a, selon le même communiqué, invité ‘’le président réélu à créer les conditions nécessaires et propices à un dialogue politique regroupant tous les fils du Gabon, gage de paix et de stabilité, et exhorté l’opposition politique à plus de responsabilités’’.

Contrairement à la première proclamation des premiers résultats de la présidentielle gabonaise par la Commission électorale nationale permanente (CENAP) qui avait plongé le pays dans un cycle des violences, le calme règne encore ce dimanche à Libreville et dans les principales villes du Gabon.

Les rues, parsemées de barrages de policiers et de gendarmes, sont quasi vides.

© CAMERPOST avec APA