Jean Pierre Boep : « Le community management est un processus au Cameroun »

La 3e édition du concept, after work Tic, « Ma pause digitale » s’est tenue ce 11 décembre 2013 à Douala. Pendant plus de trois heures, les participants et intervenants présents physiquement ou via Skype ont longuement planché, entre autre, sur le métier de « Community Manager ». Le promoteur de cette rencontre via la structure Douala 2.0 revient, dans cette interview, amplement sur le sujet.

Jean Pierre Boep
Jean Pierre Boep

La 3e édition de « Ma pause digitale » vient de s’achever. Quel bilan faites-vous ?

Elle est relativement positive, cette troisième édition qui s’achève, avec beaucoup plus de participants que les éditions précédentes. Tous les speakers l’ont dit, le community manager est un métier qui intéresse de plus en plus les gens et c’est un sujet très intéressant selon les retours qu’on a eu. Ça prouve, une fois de plus, que « Ma pause digitale » a sa raison d’être, que les thématiques choisies trouvent leur pertinence et leur raison d’être auprès de la cible invitée.

Sur quoi repose le choix de cette thématique ?

Il repose sur le simple fait qu’aujourd’hui, c’est une thématique qu’on ne peut plus ignorer ; les réseaux sociaux ne peuvent plus passer inaperçus au niveau décisionnel des entreprises. Nous sommes dans un écosystème en construction au Cameroun. Par conséquent, ce qui constitue l’élément d’accompagnement des entreprises dans le web social, c’est le profil du Community Manager et du métier de Community management. Il nous paraissait donc important à l’heure où on commence à parler de contenu viral, de buzz au Cameroun, d’aborder une thématique comme celle là et vous constatez que les participants sont restés scotchés jusqu’à la fin pour mieux apprendre.

On se rend malheureusement compte que la plupart des entreprises locales n’ont pas encore intégré cette notion de community management…

C’est un processus que je ne cesserai jamais de répéter. Les entreprises ne peuvent pas décider, du jour au lendemain, de changer toute une approche stratégique. Les entreprises ont l’habitude d’aller là où c’est rentable. Quand elles ne sont pas très créatives et très portées sur les nouvelles tendances, les innovations sont assez frileuses. Le Community manager, dans le monde, est un métier relativement jeune ; moins de dix ans. Encore moins au Cameroun. Il faut laisser le temps aux entreprises camerounaises de participer aux évènements comme « Ma pause digitale », d’en savoir mieux et de préparer leur révolution numérique. Ça viendra !

Les deux intervenants, via Skype, en direct de Dakar et de la France nous disaient que c’est un métier qui nourrit son homme ailleurs. Pourquoi pas au Cameroun ?

Pour que ça arrive, il faut que les entreprises camerounaises intègrent ça dans leur plan de développement. Il faut qu’elles décident d’embaucher des community managers avec qui, elles auront un contrat et à qui, elles verseront un salaire. Si les entreprises n’ont pas encore la démarche de dire oui, on y va, il sera difficile pour elles d’embaucher un community manager. D’où l’approche de l’éducation, des formations et de la sensibilisation afin de les faire comprendre cela. On ne peut pas dire que les entreprises n’y sont pas et faire en même temps le reproche qu’il n’y a pas assez de community managers ou que ceux qui y sont ne vivent pas encore de ça. C’est un processus qui va prendre le temps qui sied pour se mettre en place.

Qui est considéré comme community manager et c’est quoi son rôle ?

C’est le responsable de la communication online d’une entreprise. Son rôle est de travailler à la construction d’une communauté autour d’une marque, à son développement et à l’engagement de cette communauté dans le cadre du développement de l’entreprise. Son objectif c’est de positionner une marque, une personnalité, un produit ou un service sur les réseaux sociaux, de travailler à son développement avec une communauté construite et bien sûr, d’apporter aussi et surtout du chiffre d’affaire à l’entreprise.

Quelle formation faut-il pour être community manager ?

C’est un background en marketing et communication. Ensuite, vous pouvez vous spécialiser dans le web marketing et après, vous pouvez faire, pas encore au Cameroun et très rare en Afrique, un master spécialisé en community management. Vous avez après des formations, en format séminaire, qui vous permettent d’avoir des techniques pour devenir community manager. Il faut savoir que les métiers du web sont des métiers de curieux. Donc, une fois que vous avez un background intéressant, vous pouvez, vous-même en participant à quelques ateliers et séminaires, développer une certaine culture du métier.

A quoi pourrons-nous nous attendre aux prochaines éditions de « Ma pause digitale » ?

C’est un développement et on espère va grandir au fur et à mesure. Aujourd’hui, on a le plus besoin de partenaires, de sponsors pour pouvoir développer ça. Vous avez entendu Aboubacar Sadihk Ndiaye de Dakar dire que le concept a été tellement intéressant qu’il pense le développer à Dakar ; « Ma pause digitale Dakar ». Des personnes me contactent de Brazzaville, Ouagadougou… pour organiser cet évènement chez eux. Cela signifie que la culture numérique est entrain d’envahir l’Afrique. Nous comptons aussi l’organiser à Yaoundé qui a aussi une forte communauté Tech. En 2014, ce sera 12 éditions mensuelles à Douala, quelques unes à Yaoundé, et on espère le lancement de « Ma pause digitale Dakar ».

camerpost.com: Propos recueillis par : Frank William BATCHOU

 

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz