Interview de Joshua Osih : « 24 années après la création du SDF, les caciques du RDPC commencent à comprendre qu’ils ne peuvent pas construire ce pays seuls …» – 29/05/2014

La première formation politique de l’opposition au Cameroun, fête son 24e anniversaire. Une occasion pour son vice président Joshua Osih de faire le point du chemin parcouru tout en évoquant quelques perspectives.

Joshua Osih, vice président de l’opposition au Cameroun
Joshua Osih, vice président de l’opposition au Cameroun

Camerpost : comment le SDF se sent au moment de célébrer son 24e anniversaire ?

Joshua Osih : vous savez 24 ans c’est un âge de maturité et lorsqu’on jette un regard rétrospectif sur notre parcours et les défis qui nous attendent, je pense que cet anniversaire est l’occasion de faire le point.

Camerpost : peut-on dire que le SDF est aujourd’hui mature ?

Joshua Osih : je pense que oui. Je dois dire que ce n’est pas seulement le SDF qui est mature mais c’est tout l’environnement politique camerounais qui évolue. Progressivement nous sortons des débats stériles pour parler des véritables préoccupations des camerounais.

Est-ce la raison pour la quelle vous avez choisi de célébrer de manière originale cet anniversaire en organisant des séminaires ?

Notre philosophie se résume au slogan « power to the people » donc c’est la base qui commande l’exécutif nationale et les célébrations vont dans le même sens c’est-à-dire que chaque cellule du parti, chaque circonscription électorale, chaque région a organisé des manifestations.

Le moment est-il venu pour le SDF de faire comprendre à ses militants et sympathisants que la politique c’est aussi le consensus d’une certaine manière ?

Oui il faut un consensus à l’intérieur de notre parti. Nous sommes un parti social démocrate. Nous englobons tout ce qui est dans le centre, le centre gauche jusqu’à la gauche, donc nous essayons de ramener les extrêmes vers le centre. Il est évident qu’au niveau politique nous devons accepter que nous ne sommes pas des ennemis mais des adversaires nous devons pouvoirs nous regarder dans les yeux et nous dire certaines vérités. Vous savez quant on est au pouvoir il faut accepter la critique et quant on est dans l’opposition il faut accepter le fait qu’on n’est pas au pouvoir et qu’on n’a pas les responsabilités de ceux qui sont au pouvoir. Donc je pense que cela s’applique dans les deux sens, il y a encore beaucoup à faire là-dessus mais je me réjouis que 24 années après la création du SDF, les caciques du RDPC commencent à comprendre qu’ils ne peuvent pas construire ce pays seuls.

Que répondez-vous à ceux qui disent que le SDF est passé à la caisse depuis qu’il a opté de dialoguer avec le pouvoir en place ?

Vous savez la politique ce fait selon le contexte dans lequel on évolue. Si l’ANC en Afrique du sud a pu discuter avec le pouvoir d’apartheid en place à une certaine époque, c’est parce que la politique veut que c’est à travers le dialogue que l’on puisse construire le consensus, si Martin Luther King a pu discuter avec le pouvoir en place aux Etats-Unis au moment ou il y avait la ségrégation raciale c’est parce que la politique le permet. Nous nous mettons dans le contexte actuel et nous sommes un parti de gouvernement dans l’opposition. C’est-à-dire nous aspirons arriver au pouvoir demain et nous devons traiter nos adversaires comme un parti qui aspire à gouverner nous ne sommes pas un syndicat ou un front dans le maquis, mais nous sommes un parti que aspire à gouverner. Il faut que les camerounais comprennent que les choses évoluent. Et cela n’est possible que parce qu’en face de nous ils ont compris qu’ils peuvent parler avec nous qu’ils peuvent utiliser nos idées pour faire du Cameroun un meilleurs pays.

Êtes-vous satisfait de vos performances aux récentes compétitions électorales ?

Non ! Pas du tout ! déjà nous ne sommes pas satisfait de l’organisation. Nous avons décidé en notre qualité d’organisation, de mettre toute notre énergie pour améliorer le processus électoral c’est ce que nous avons fait. Pendant que les autres battaient campagne nous nous sommes concentrés sur un point unique, celui relatif au processus électoral. Il est évident que, quant vous prenez ce genre de décision vous payez le prix de ne pas être présent dans les institutions parce que il est vrai que vous ne pouvez pas vous battre en même temps contre un processus électoral et puis en même temps battre campagne pour participer à ces scrutins là pour gagner. C’était très difficile. Vous savez le SDF se bat pour les camerounais.

Donc vous avez fait dans l’accompagnement ?

Vous pouvez prendre cela comme ça, nous nous sommes battus pour avoir une commission électorale indépendante nous en avons une qui n’est pas vraiment indépendante mais on fait avec, on essaye de l’améliorer. Nous avons voulu la refonte des liste électorales nous l’avons obtenu, nous avons voulu la biométrie nous avons une demie biométrie et maintenant nous voulons le bulletin unique et sommes convaincus que nous l’aurons. Avec tous ces éléments mis ensemble, nous pouvons aller vers l’élection de 2018 pour gagner.

© Camer Post – Propos recueillis par Hakim ABDELKADER

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