Interview de Joseph MBAH NDAM: « Il faut deux années de plus à la cemac»

Le député de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), donne son avis sur le principe de la libre circulation des personnes dans la sous-région.

Joseph MBAH NDAM, député de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC)
Joseph MBAH NDAM, député de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC)

Camerpost : Le principe de la libre circulation des personnes devait entrer en vigueur le 1er janvier 2014. Tel n’est pas encore le cas. Pourquoi ce retard ?

Joseph MBAH NDAM : cette situation ne me surprend pas. Je m’y attendais déjà ! toutes les conditions requises pour la libre circulation des personnes dans la Cemac n’ont pas été remplies par nos chefs d’Etats.  C’est juste par mesure de prudence que la Guinée équatoriale a réagi en fermant ses frontières. Il ne suffit pas de dire que tout le monde peut aller et venir. Il faut aussi s’assurer que ceux-là qui voyagent ne vont pas porter préjudice à une Nation souveraine. A mon avis les chefs d’Etats doivent encore se réunir pour fixer une autre date. Même au sein d’un Etat comme le Cameroun, voyager d’une région à l’autre n’est pas aisé. Si nous étions des anges nous n’aurions pas besoin de gouvernements. A cause de la malveillance des hommes, il est nécessaire qu’un certain nombre de conditions soient réunies avant de parler de libre circulation des personnes. Ceux qui entrent et sortent ne doivent pas causer du tort à la Nation. Devrait-on par exemple, parler de libre circulation en République centrafricaine ou au Sud Soudan ? d’autre part l’on observe beaucoup d’infiltrations sur le territoire camerounais, tant au Nord qu’au sud. Il existe encore beaucoup de questions sans réponse. Les chefs d’Etats doivent se réunir pour mettre en application ce principe. Il vecteur de développement pour notre sous-région.

Camerpost : vous parlez de plusieurs précautions préalables à prendre. De quoi s’agit-il concrètement ?

Joseph MBAH NDAM : il s‘agit de savoir si les passeports sont délivrés aux bonnes personnes. Il faut aussi revoir les catégories de passeports. Il est également question de s’assurer de la conformité des véhicules avec les normes établies. Il importe également que les requérants ne soient pas tout simplement des malfrats ou des groupes de déstabilisation. Il faut enfin s’assurer que les agents de sécurité ne sont pas corrompus. La corruption mettrait ainsi en péril ce principe de libre circulation des personnes dans la Cemac. De toutes les manières il s’agit d’une gigantesque organisation qui obéit à toute une  logique. Aucune de ces précautions n’a à ce jour été prise.

Camerpost : combien de temps faut-il attendre pour que la mise en application du principe soit dans l’ordre du possible ?

Joseph MBAH NDAM : nous avons failli. Le temps était suffisant pour que tout le monde prenne conscience. Maintenant une ou deux années sont nécessaires pour mettre le mécanisme en place, à condition que toutes les Nations de la Cemac y mettent du leur. Une ou deux années supplémentaires, ça suffit !

© Camerpost.com: Propos recueillis par Olivier NDEMA EPO

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