Interview d’Ama Tutu Muna Ministre des Arts et de la Culture : « nous devons revoir les textes dans le domaine du droit d’auteur »

Ama Tutu Muna, la Ministre des Arts et de la Culture fait la point de la situation à la Socam. Tout en essayant de sortir de la crise, elle propose une révision de fond des textes régissant ce secteur.

Ama Tutu Muna, Ministre des Arts et de la Culture
Ama Tutu Muna, Ministre des Arts et de la Culture

Camerpost : Que se passe-t-il à la Socam?

Ama Tutu Muna : De manière très succincte nous sommes passés d’une élection à une crise et aujourd’hui nous sommes à un stade où nous devons essayer de sortir non seulement de la crise, mais nous avons mis en place deux structures, un comité de redressement et un comité de normalisation. Voilà de manière ramassée ce qui se passe.

Camerpost : La situation d’instabilité semble perdurer dans le domaine du droit d’auteur au Cameroun quel est le problème ?

Ama Tutu Muna: Commençons par la genèse, Madame Audile Ngaska Présidente du Conseil d’administration de la Socam, a été débarquée par son conseil, à la suite de cette décision du conseil, le même conseil a tenu d’autres réunions et à l’issue de ces réunion il a été décidé d’organiser une assemblée générale. Ils organisent l’assemblée générale avec quelques semaines de décalage et demandent au Ministère des arts et de la Culture une assistance et un accompagnement financier. Voilà de manière précise comment les choses se sont déroulées. Dans la forme, l’assemblée générale se déroule normalement, mais dans le fond il y’a un certain nombre de préoccupations qui se soulèvent, mais le Ministère n’ayant pas les mêmes positions, vous voyer par exemple qu’un gouverneur à une emprise directe sur un préfet qui lui-même en à sur un sous préfet et ainsi de suite, mais le Ministre des Arts et la Culture en sa qualité de tutelle ne peut véritablement exercer sont pouvoir qu’au moment de la régulation du secteur, ou du contrôle Etc. l’outil efficace et concret à la disposition du Ministère est l’agrément. Donc, au moment où l’élection se déroule il n’est pas possible pour le ministère d’agir puisqu’il y’a un président du comité électoral qui rend compte des décisions prises etc. Il se trouve que les candidats ont présenté un certain nombre de documents qui ne posaient pas véritablement de problème au moment où cette élection se tenait. Mais la Ministre à reçu des requêtes pour lesquelles elles ne pouvaient pas apporter des réponses à l’immédiat. Nous avons donc fait un certains nombre de constat et sur la base de ces constats il ne nous était pas possible d’autoriser certains actes. Voila de manière succincte se qui se passe. Au sortir de là, plus précisément le 23 décembre 2014, la Ministre signe trois décisions dont l’une invalide celle qui ne renouvelle pas l’agrément de la Socam. Une autre encore, constate que le conseil d’administration ne pourrait pas fonctionner si certaine conditions ne sont pas remplis. Dans ces décisions nous disons exactement les motifs de la prise de ces décisions.

Camerpost : L’une de ces décisions démet Ndédi Eyango de son poste de PCA de la Socam qu’en est-il ?

A.T.M : Peut être faut-il apporter une précision, il n’est mentionné nulle part le nom de Ndédi Eyango, la décision parle du Conseil d’Administration, donc je m’en tiens à cela, le Conseil d’Administration ne peut plus exercer ces fonctions au niveau de la gestion de la Socam. Après ces décisions nous nous rendons compte qu’il y’a véritablement un problème parce que les plaintes après les élections parlent d’un certain nombre de disfonctionnement et autres incongruités, qui en réalité sont observées depuis l’avènement de la loi de 2000 sur le droit d’auteur et le droit voisin du droit d’auteur. Je pense qu’il faut directement aller vers des concertations avec différents acteur du secteur.

Camerpost: Donc le problème Ndédi Eyango ne se pose plus ?

A.T.M : Il ne s’agit plus pour moi de faire un commentaire là-dessus. Monsieur Ndédi Eyango a porté le problème au tribunal administratif. Il est opposé au gouvernement représenté par le ministère des arts et de la culture, donc nous attendons.

Camerpost : Pourquoi les droits d’auteurs semblent si difficiles à gérer ?

A.T.M : Je pense qu’il y’a plusieurs défis à relever. Il y’a cette loi qui a fait ses preuves, la crise nous donne l’occasion de nous remettre en question. Après 14 ans y’a t-il des choses à revoir ? Quels sont les disfonctionnements ? La loi dont je parle est venue révolutionner certaines choses, mais étions nous prêts ? Il se pose le problème de la qualité des ressources humaines à certains postes de responsabilité. Ceux qui occupent ces postes sont-ils formés pour êtres des managers ? Se rendent-ils compte qu’ils gèrent des deniers publics et qu’ils pourraient êtres amené à rendre compte ? Je suis convaincu qu’ils ont besoin de formation. Cette crise nous permet de mener un travail de fond. La normalisation permettra de revoir les textes, les statuts de la Socam et aussi ceux de toutes les autres sociétés de gestion collective.

© Camerpost.com: Propos recueillis par Hakim ABDELKADER

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