Habitat social au Cameroun : la difficile mise en œuvre

Le programme de construction de 10.000 logements sociaux et d’aménagement de 50.000 parcelles constructibles lancé en 2009 au Cameroun, peine à entrer dans sa vitesse de croisière. Entre hésitation, tâtonnement, et précipitation, les autorités en charge de ce dossier cherchent la bonne formule.

« Les logements d’Olembé dans la banlieue de Yaoundé seront vendu en Etat futur d’achèvement ». Ainsi s’exprimait le Ministre du Développement Urbain et l’Habitat du Cameroun il y’a quelque jours sur le plateau d’une émission de la radio nationale. En d’autres termes les dits logements seront commercialisés inachevés. Une tournure linguiste qui cache à peine le malaise de Jean Claude Mbwentchou face aux questions des journalistes. On apprendra par exemple que la première phase de ce vaste programme prévoit la construction de 4500 logements dans les villes de Yaoundé et de Douala. Les chefs lieux des régions recevront 50 logements chacun, les villes industrielles (Kribi, Edéa, Limbe) seront doté de 50 logements ainsi que les villes universitaires (Soa, N’Gaoundéré, Bangangté et Dschang).

Pour revenir à Yaoundé la capitale, sur le site d’Olembé, les six immeubles regroupant 120 logements témoins sont debout. 80 appartement sont quasi achevés et seront mis en vente dans les tous prochains jours. Pour le reste, les travaux, qui ont accusé un sérieux retard se poursuivent. Les voies d’accès sont à refaire, le site n’est pas totalement raccordé au réseau d’eau et d’électricité. Des manquements qui laissent transparaitre une certaine précipitation dans le lancement du chantier de Yaoundé.

A douala, la capitale économique, pour la première phase 2575 logements sont prévus à Mbanga-Bakoko. L’opération a débuté avec la construction d’un ensemble de 56 immeubles de 10 à 30 appartements chacun. De l’avis de Jean Claude Mbwentchou, le secteur de l’habitat social doit nécessairement voire l’implication des acteurs du secteur privé. De nombreuses entreprises étrangères sont intéressées et certaines ont déjà lancée leurs programmes avec le soutien du gouvernement. « Des pesanteurs existent notamment, des problèmes de coordination entre les structures gouvernementales concernées par ce dossier, mais il faut savoir que le secteur du logement social est sensible », reconnait le Ministre du Développement Urbain et l’Habitat du Cameroun.