Génocide : Onesphore Rwabukombe, un ex maire rwandais, condamné à la prison à vie en Allemagne

Onesphore Rwabukombe, ancien maire de la ville rwandaise de Muvumba | DR
Onesphore Rwabukombe, ancien maire de la ville rwandaise de Muvumba | DR

Un ancien maire de la ville rwandaise de Muvumba, Onesphore Rwabukombe, a été condamné à la prison à perpétuité par un tribunal allemand de Francfort pour son rôle de facilitateur dans le génocide de 1994 au Rwanda.

Le verdict a été rendu mardi à la fin d’un deuxième procès au sujet du rôle génocidaire de Rwabukombe, un Hutu reconnu coupable de complicité de plusieurs meurtres.

Rwabukombe a été chargé de superviser pratiquement la mort de près de 400 victimes dans le cadre d’un plan d’extermination très élaboré et qui a conduit à la mort de quelque 800.000 personnes, essentiellement des Tutsis et Hutus modérés.

Il avait nié toute participation dans les massacres de Tutsis qui cherchaient refuge dans une église de la ville de Kiziguro pendant les tous premiers jours des massacres en avril 1994.

L’an dernier, Rwabukombe, âgé de 58 ans avait été reconnu coupable et condamné à 14 ans de prison, mais avait interjeté appel de la peine qu’il jugeait trop sévère.

La condamnation a été également contestée par le parquet qui la jugeait trop clémente pour le suspect rwandais.

Au cours de l’audience de l’appel, un tribunal fédéral en Allemagne a sorti d’autres preuves de la culpabilité de Rwabukombe avec des ‘circonstances aggravantes’ qui justifient qu’il soit condamné à une peine plus lourde.

Dans son verdict rendu après cinq jours de recherche dans le dossier, le tribunal de Francfort l’a reconnu coupable d’avoir “sciemment et volontairement” organisé et ordonné le massacre et l’a condamné à la prison à vie.

Après que son nom a figuré sur la liste des principaux suspects du génocide, Rwabukombe avait fui l’Allemagne en 2002 et a été arrêté huit ans plus tard, suite à un mandat d’arrêt international qui a a été émis contre lui.

Il avait été incarcéré tout au long de son procès en Allemagne, où les autorités judiciaires avaient refusé son extradition vers le Rwanda au motif qu’il n’y bénéficierait pas d’un procès équitable.

© CAMERPOST avec © APA