Gambie : Adama Barrow débarrasse le pays des vestiges de régime de Yahya Jammeh

Des partisans d’Adama Barrow arrivent pour sa prestation de serment, le 18 février 2017. | © REUTERS/Thierry Gouegnon

Dès son élection en décembre dernier, le nouveau président avait donné les couleurs : traduire son prédécesseur à la CPI, changé le nom du pays, reformer de l’armée, retourner au sein des institutions internationales.

Aux yeux de beaucoup de Gambien au moment de la célébration ce dimanche 18 février de sa fête de l’indépendance à Banjul, c’est une double libération : la libération de l’époque coloniale et la libération de 22 ans de dictature de Yahya Jammeh. Bien plus, pour le nouveau président, Adama Barrow qui est intronisé, c’est une nouvelle page de vie de la nation qui s’ouvre, a-t-il déclaré.   C’est une nouvelle Gambie avec de nouvelles institutions et une nouvelle diplomatie.

Le renouveau institutionnel

Lors de sa première rencontre avec la presse le 26 janvier dernier, le nouveau président gambien annonce que le pays change désormais de dénomination. Au lieu de la « République islamique de Gambie » imposée par décret le 11 septembre 2015, par l’ancien président Yahya Jammeh, le pays s’appellera « République de Gambie ». Par cet acte éminemment politique, le nouveau président se désolidarise des velléités dictatoriales de son devancier. Pour Adama Barrow, il faut se démarquer malgré les 90 % de musulmans que constitue le pays. A l’époque, Jammeh voulait marquer une nette distance avec le colonisateur.

Au ministère de la justice. Adama Barrow a nommé la semaine dernière, Hassan Boubacar Diallo. Le juriste marque ainsi son retour à un poste qu’il a tenu durant 10 ans en 1984-1994, lors du règne du président Diawara, renversé par Yahya Jammeh en 1994. Présent à la prestation de serment du nouveau garde des sceaux, Adama Barrow a déclaré être satisfait du retour d’un homme expérimenté. Il a ajouté « Il ne peut pas avoir de paix sans justice. Après 22 ans d’injustice, et d’abus de pouvoir, voilà pourquoi l’expérience et l’expertise du ministre de la justice Diallo est nécessaire » a-t-il déclaré lors de sa prestation de serment. Des paroles qui en disent long sur son intention de décortiquer le régime de Jammeh.

Retour à l’international

Retour au Commonwealth. En recevant le ministre Boris Johnson la semaine dernière à Banjul, la capitale, Adama Barrow marquait un signal fort. Il a adressé à l’endroit du ministre britannique des affaires étrangères, l’intention de son pays de retrouver, le Commonwealth of Nations. Une institution regroupant les pays d’expression anglaise que la Gambie avait quittée en 2013, sous l’instigation du mégalomane Yahya Jammeh, prétendant que le Commonwealth est le prolongement de la colonisation. La Gambie à titre de rappel est une ancienne colonie britannique.

Retour à la CPI. C’est d’abord à travers une lettre envoyée au secrétaire général de l’ONU par son ministre des affaires étrangères, qu’Adama Barrow a entrepris de rompre la procédure engagée par Yahya Jammeh en décembre dernier en vue du retrait de son pays de la Cour pénal internationale. Une nouvelle procédure de retour qui ne devra pas être difficile puisque la procédure de retrait ne peut être effective qu’après un an, dès enclenchement. Yahya Jammeh avait justifié pour sa part que la CPI est un instrument de persécution envers les Africains, surtout ses dirigeants.

Avec ce retour en perspective, à la CPI, Yahya Jammeh est désormais un justiciable comme tout ancien chef de l’Etat, selon Ismael Shergi, le commissaire de paix et de sécurité de l’Union africaine.

 

© CAMERPOST par Augustin TACHAM

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1 Commentaire sur "Gambie : Adama Barrow débarrasse le pays des vestiges de régime de Yahya Jammeh"

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Appolinaire Mimbe

Simplement pour installer les siens et rien d’autre ensuite se mettre au service du colon…pauvre Afrique.

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