Gabon – Stop Kongossa : Un site Internet pour démonter les rumeurs – 29/07/2015

Capture d'écran du site Stop-Kongossa.com
Capture d’écran du site Stop-Kongossa.com

Les services d’Ali Bongo ont lancé une nouvelle plateforme visant à «rétablir la vérité» sur les nombreuses rumeurs entourant l’action politique du président gabonais. Un instrument de communication qui fait figure de nouveauté chez les politiques africains.

«Remettre la vérité au coeur du débat», telle est la promesse du nouveau site Internet développé par les services de communication du président gabonais, Ali Bongo. A l’instar de l’initiative de la mairie de Madrid pour rectifier les fausses informations véhiculées par les journalistes espagnols, le Gabon s’est doté d’un outil de communication similaire. L’objectif de « Stop Kongossa » – comprendre «stop aux rumeurs publiques» – est simple: démentir et prêcher la parole officielle d’Ali Bongo et du gouvernement. Sobrement défini comme un service visant «à rétablir la réalité des faits face à des rumeurs qui portent atteinte à l’image du Gabon, de l’Etat gabonais, de son peuple et de ses représentants», «Stop Kongossa» propose aussi aux internautes gabonais de signaler des rumeurs pour permettre un démenti officiel.

Une vérité officielle face aux rumeurs

La polémique lancée par France Football au sujet du coût de la présence de Lionel Messi au Gabon n’échappe donc pas à l’examen des services de communication. Elle fait l’objet d’une longue infirmation de la part de la présidence gabonaise. Organisé en cinq parties, le démenti, qui se veut pédagogique, évoque des «procédés douteux» et «malhonnêtes» de la presse. À la manière d’un article journalistique, les déclarations d’officiels sont mélangées pêle-mêle à des extraits d’interviews de différents intervenants ne mettant pas en cause l’intégrité du Gabon. Tout est bon pour faire valoir sa détermination. L’occasion aussi pour le pays de valoriser l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations en 2017 auprès de sa population.

Un autre exemple décrypte les avancées en matière de liberté de la presse au Gabon. A grand renfort de rapports de l’Unesco et de Reporters sans frontières (RSF), Omar Bongo s’enorgueillit de l’avancée du pluralisme, de la liberté d’expression et du débat démocratique. Si le Gabon a gagné trois places au classement de RSF en 2015 par rapport à l’année précédente, de nombreux exemples montrent pourtant que la presse subit des atteintes à son libre exercice.

Un nouveau support de communication

Au-delà de la démarche de contradiction et d’une certaine forme de contrôle de l’information, l’aspect visuel réussi du site emprunte les mêmes codes que ceux des médias. Exposé des faits, images, infographies, captures d’écran, tout est réuni pour faire de ce site présidentiel un pendant aux sites d’informations. Si pour l’instant, il ne se compose que de quelques articles, le site est révélateur d’une évolution des pratiques de communication. Nouveauté sur le continent africain, ce type de site existe depuis quelques années déjà dans d’autres pays. En France, l’équipe de communication de François Hollande a lancé en mai 2013, le site «Bilan engagements». Un état des lieux de l’avancement politique des 60 propositions du président français. Aux Etats-Unis, l’équipe de campagne de Barack Obama s’était attachée à démonter chaque rumeurs, reprenant une à une toutes les fausses informations sur son candidat. Mais dans ce petit jeu de chasse à la rumeur, la Chine fait figure d’épouvantail. Au delà d’un site Internet proposant aux chinois le signalement de rumeurs (en chinois), les dirigeants communistes ont adopté en 2013, une loi pénalisant de trois ans de prison ou privant de droits politiques les citoyens auteurs d’une rumeur relayée sur Internet.

Source : © Le Figaro.fr

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