Gabon : Les populations sont en colère face au jeu des politiciens

Les populations sont en colère face au jeu des politiciens (Photo d'illustration) | © MARCO LONGARI / AFP
Les populations sont en colère face au jeu des politiciens (Photo d’illustration) | © MARCO LONGARI / AFP

Un peu plus de deux semaines après la proclamation des résultats de la deuxième élection multipartiste dans le pays, c’est la confusion totale. Electeurs et autres acteurs passifs sont pris dans le tourbillon des positions presque inconciliables des leaders politiques au Gabon.

Le camp de président Bongo tient à garder sa victoire contestée, alors que l’opposition revendique sa victoire « volée ». Les caciques du pouvoir tentent de convaincre, l’opinion internationale demande le recomptage des voix tandis que les vaincus du dernier scrutin, ne démordent pas. Ces divergences  font dire au sein de la population, on a marre ! 

Marre de ce jeu de poker-menteur. Faut-il recompter les votes ? Voici le hic. Une revendication mal comprise par le vainqueur et les perdants c’est une nécessité. Pourtant, avant l’acheminement des procès verbaux dans la capitale où siège de la Commission nationale autonome permanente électorale- CENAPE, tous les représentants des candidats sont supposés avoir vérifié les procès verbaux. Marre, car depuis l’annonce du processus électorale, le Gabonais ordinaire est comme contraint de faire le choix entre ce régime en place depuis 2009 avec un bilan presque élogieux malgré quelques hics, orientés vers l’émergence à l’horizon 2025, et une opposition soudée qui veut conduire le changement. Marre du climat caractérisé par l’expression de la haine viscérale entre deux enfants du même système, celui d’Omar Bongo. Lors de la campagne électorale les invectives ont dominé les programmes politiques. Marre de l’éloge de la « gabaonité ». L’opposition s’est nourrie durant la campagne des révélations de l’essayiste français, Pierre Péan sur les origines nigérianes du président Ali Bongo alors que le candidat Jean Ping reçoit l’appellation de « chintok », se référent à son origine chinoise. Marre, les Gabonais ont marre des violences, casses, incendies qui ont suivi la proclamation serrée des résultats du 31 août dernier. Marre de la longue attente pour une compilation des résultats d’un peu plus de 600 000 électeurs.

En dehors des cas du Sénégal, de l’Afrique du Sud, du Ghana, sur le continent africain, les élections se suivent et se ressemblent avec des crises postélectorales à répétition. Le monde a été témoin d’une parodie de fin de scrutin au Gabon. Vingt-six ans après le vent de démocratisation, c’est le même cycle de pérennisation au pouvoir. Ces derniers jours, le schéma a été répété au Tchad, au Niger, au Congo et à Djibouti. Plus jamais ça !

Plus jamais des élections où les millions de francs circulent dans des mallettes pour corrompre l’électorat ou pour susciter l’expertise des mercenaires et que sais-je encore. Plus jamais des scrutins où la campagne électorale laisse la place au jeu des chiffonniers. Que viennent faire les questions de filiation dans une campagne? Plus jamais des codes électoraux ficelés à la mesure des chefs d’Etat en place. L’enjeu a pris le pas sur le jeu. Les médiations en cours peuvent-elles redonner la vie aux morts ? Trop tard.

© CAMERPOST par Augustin Tacham

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