Gabon : la dissolution des syndicats du secteur éducatif préoccupe le Redhac

Maximilienne Ngo Mbe, la directrice executive du REDHAC | Crédit photo : © Hurinews

Le Réseau des défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale est très préoccupé par la situation des Syndicats du secteur éducatif au Gabon. Car depuis le 17 mars 2017,  par l’arrêté N°006/MISPDL, le Ministre de l’Intérieur sur saisine du Ministre de l’Education Nationale a interdit les activités de la Conasysed sur l’ensemble du territoire national. Les raisons évoquées étant : le trouble à l’ordre public, l’entrave à la liberté du travail, les violences et voie de fait.

A la lecture d’une déclaration qu’a reçu CAMERPOST, on observe que les différents syndicats, les Ong et parents d’élèves ont décidé de constituer un front uni pour barrer la route aux manœuvres d’esclavage des fonctionnaires et travailleurs gabonais en général. Ainsi, l’intersyndicale Conasysed a été créée le 06 Août 2008 et légalisée le 11 octobre 2012 par récépissé n°00295/P 295/PE/CL/SG/DGAAJ/DR. Malheureusement,  Ce syndicat en grève depuis le 31 octobre 2016 pour « non-respect des engagements du Gouvernement » sera plutôt dissout.

En outre, conformément à  l’article 9 de la loi 18/92 du 18 mai 1993 fixant les conditions de constitution et de fonctionnement des organisations syndicales des agents de l’Etat, et après avoir dûment informé la tutelle par correspondance n°157 Conasysed/Bn du 28 novembre 2016, des membres de ce syndicat se sont rendus dans les établissements, dans le cadre d’une tournée inter-établissement pour sensibilisation en vue d’expliquer aux adhérents le bien-fondé du mouvement de grève. Cette grève paralyse sérieusement le système éducatif national depuis 4 mois déjà.

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Fort de cela, le Redhac pense que l’interdiction de la Convention Nationale des Syndicats du Secteur Education par le Ministre de l’Intérieur est illégale et non fondée dans un Etat de droit.  « Cette dissolution constitue une violation grave de La loi N°18/92 du 18 mai 1993 fixant les conditions de constitution et de fonctionnement des organisations syndicales des agents de l’Etat en son article 10 qui dispose : (les syndicats des agents de l’Etat se forment et se dissolvent librement conformément aux dispositions de leur statut) », souligne le réseau que dirige Maximilienne Ngo Mbe.

C’est pourquoi, elle condamne avec fermeté l’interdiction des activités de la Conasysed;  Proteste contre ladite suspension qui constitue une violation flagrante à la liberté d’expression, d’association et de réunion mais aussi, une menace aux droits fondamentaux au Gabon et un frein considérable au travail pour le renforcement de la société civile nationale;  Demande à l’Etat du Gabon d’exiger, du Ministre de l’Intérieur, la levée immédiate et sans condition de l’arrêté interdisant les activités de la Conasysed conformément aux instruments africains et onusiens des droits de l’homme sur la liberté d’association.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa