Gabon – Crise postélectorale : Ali Bongo a –t-il peur du rapport de l’Union européenne ?

Ali Bongo Ondimba, le président du Gabon | © Wikipedia

Prévu d’être présenté cette semaine, le pouvoir gabonais a trouvé un prétexte pour renvoyer la cérémonie. Mais du côté de l’opposition, c’est déjà l’impatience et même de la suspicion.

Trois mois après la tenue de la dernière présidentielle au Gabon, le rapport d’observateurs de l’Union européenne est toujours dans la serviette de ses membres naviguant entre Bruxelles et Libreville. Cette semaine, alors qu’enfin ce rapport devait être rendu public, que le gouvernement gabonais a tenu au report pour la semaine prochaine. Le mobile avancé par les autorités à Libreville, c’est l’absence du président Ali Bongo en visite en Chine.

Trop de suspicions

La date de la publication du rapport de la mission d’observation des élections du 27 août dernier était bien connu d’avance autant par le pouvoir, par l’opposition et autant par les membres envoyé par Bruxelles. Mais c’est presqu’un coup de théâtre. Le rapport sera publié quand le président sera de retour. Du côté du pouvoir, il n’est pas bon de publié un tel rapport alors que le chef de l’Etat est absent. Selon le porte parole du gouvernement, le porte parle du gouvernement le changement de date a été fait à la dernière minute. On poursuit au sein du sérail, qu’il n’est pas souhaitable que cela se fasse en l’absence du chef de l’exécutif.

 A l’observation, le climat est visiblement tendu entre 73 observateurs de l’Union européenne pourtant convié par le pouvoir gabonais pour témoigner de la maturité démocratique au pays d’Ali Bongo Ondimba. Mais l’idylle n’a été que de courte durée. Pendant tout le séjour de la mission de l’Union européenne, les services secrets gabonais ont passé l’essentiel de leurs appels téléphoniques au décryptage du jour de vote au jour de la proclamation des résultats le 23 septembre, selon le Journal Du Dimanche-JDD.

Dans le camp de l’opposant Jean Ping, on n’est pas rassuré sur le caractère intangible de ce rapport qui peut prendre des rides au fur et à mesure que le temps passe car le temps peut favoriser le changement du contenu. Un soupçon rapidement repris par un membre porteur du colis gênant qui déclare « Nous l’avons finalisé depuis plus de deux semaines et ce report n’entrainera aucun changement de contenu » a-t-on déclaré au sein des observateurs de l’Union européenne.

De la brouille

Selon, le JDD, toutes les conversations des membres de l’Union européenne durant la présidentielle du 27 août dernier ont été captées par les services secrets gabonais. En effet, il se disait au sein du groupe que l’élection a été truquée par le camp d’Ali Bongo afin qu’il obtienne la victoire « Ils ont fait ce que j’espérais qu’ils n’allaient pas faire », lorsque tout bascule en faveur d’Ali Bongo.

La distance se renforce lorsque fin août, les observateurs dénoncent l’opacité du processus électorale et le gouvernement avait répondu que la commission  avait franchi l’infranchissable. Fin septembre, la ministre de la justice Denise Mekam’ne parlait de dysfonctionnement chez les observateurs, avant que des révélations ne lancent l’affaire des écoutes.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM