Gabon : Ali Bongo lâché par les réseaux de la françafrique ?

Ali Bongo lâché par les réseaux de la françafrique ? | Archives/DR
Ali Bongo lâché par les réseaux de la françafrique ? | Archives/DR

Deux révélations troublantes en un septennat, le président gabonais semble désormais avoir compris la logique des réseaux paternalistes. Au sein des systèmes mafieux, la loyauté est principe intouchable. Ceux qui osent ébranler cette loi, en paient le prix. Le président Ali BONGO Ondimba, a ignoré que son ascension au pouvoir en 2009, n’était pas un fait du destin. La seconde crise postélectorale connue par le Gabon en moins de dix ans impose que l’on s’y attarde.

Les chefs d’Etat de la Françafrique  

Selon l’écrivain camerounais, Achille Mbembé, les pouvoirs actuels : « Ce sont des réseaux qui se sont constitués au cours du siècle dernier. Ces réseaux se sont transnationalisés. Ils se sont faits en systèmes. Et ce sont des systèmes qui fonctionnent aujourd’hui de façon efficace pour se préserver au pouvoir et surtout pour la durée » a-t-il insisté. Il est difficile de détacher cette déclaration à l’actualité au Gabon.

A l’origine. En 2009, éclate au Gabon, les premières tensions postélectorales des mois après le décès du président Omar Bongo. A Port Gentil, le foyer des contestations, l’on objet la victoire d’Ali Bongo Ondimba.  Des jours d’après, un très proche du pouvoir Bongo, crache le morceau. Robert Bourgi, remet en cause l’élection d’Ali. Une position soutenue par l’actuel premier ministre français, Manuel Valls à quelques encablures de la loi d’interdiction du bois en grumes en direction de la France. Le sulfureux Robert Bougi, a affirmé que le fils de Bongo était le choix de la françafrique.

Ce revirement découle de plusieurs erreurs de gouvernance du puéril nouveau président. Ce sont entre autres : le non-respect de l’héritage qui voulait le tandem Ali-Pascaline, le manque d’ouverture et de sens de la collaboration. Ali a méconnu les règles de la quote-part des marchés à ses mentors.

Tout a commencé à l’approche de la date du scrutin par : palais et avion saisis, directeur de cabinet placé en vue à Paris, bien mal acquis, retranscription d’écoutes téléphoniques liées à l’affaire Tomi qui fuitent dans la presse, plainte de reconnaissance de paternité du fils d’Omar.

Le réchauffement du réseau.

Pouvait-il en être autrement ? – que non. Ali Bongo, vient de s’en apercevoir. Le réseau de la Françafrique est encore plus vivant. La visite qu’effectue le porte-parole du gouvernement gabonais, Alain-Claude Bilie By NZé en France au fort des tensions au pays est stratégique pour le camp Bongo. L’homme fort de Libreville est tout simplement à la quête d’une légitimité internationale quand cette opinion exige le recomptage des voix bureau après bureau.  Dans le camp de l’opposant, Jean PING, l’on attend que le président Ali Bongo reconnaisse sa défaite sinon qu’on procède au recomptage des voix.

© CAMERPOST par Augustin Tacham