France – Olympique Lyonnais: Comment Clinton Njie fait rêver le Cameroun (mais pas Gerland) – 03/04/2015

 Clinton Njie pourrait être titularisé pour la onzième fois de la saison par Hubert Fournier samedi à Guingamp. - PASCAL FAYOLLE - SIPA
Clinton Njie pourrait être titularisé pour la onzième fois de la saison par Hubert Fournier samedi à Guingamp. – PASCAL FAYOLLE – SIPA

Malgré ses trois buts et cinq passes décisives cette saison en L1, l’attaquant de l’OL, Clinton Njie, est loin de faire l’unanimité à Gerland. Au Cameroun, sa cote de popularité est tout autre…

«Je ne sais pas si quelqu’un l’a remarqué mais Clinton Njie est le meilleur joueur du championnat… en termes de buts et de passes décisives pour son temps de jeu.» Hubert Fournier a surpris tout le monde jeudi en conférence de presse. Si l’entraîneur lyonnais se trompe puisque rien que dans son équipe, Lacazette, Fekir, Gourcuff et même Benzia présentent un meilleur ratio, les 3 buts et 5 passes décisives du Camerounais constituent un bilan chiffré appréciable en 1.112 minutes de L1 cette saison (il est décisif toutes les 139 minutes).

La remarque laisse à penser que Njie, buteur sur penalty face à la Thaïlande (3-2) lundi, sera choisi samedi (17h) à Guingamp pour pallier la blessure de Yoann Gourcuff. d’autant qu’avec le trio Fekir-Lacazette-Njie titularisé, l’OL a remporté ses quatre matchs en L1 avec 15 buts inscrits. Sauf qu’à l’image de sa dernière prestation face à Nice (1-2), le rapide attaquant de 21 ans est souvent critiqué pour ses limites techniques depuis son arrivée en France durant l’été 2011. Sa cote de popularité est tout autre au Cameroun.

 

«Beaucoup plus confiant en sélection»

«On peut dire ce qu’on veut, mais il se passe toujours quelque chose lorsque Clinton entre en jeu», confie Jean-Flaubert Nono, manager général de l’école de football des Brasseries du Cameroun à Douala où Njie a passé trois saisons, de 15 à 18 ans, avant d’être repéré par Patrice Girard, responsable du recrutement en Afrique pour l’OL. S’il défend le bilan de son ancien protégé -«Il est le seul à marquer quand Lacazette n’est pas là»-, le frère de l’ancien joueur Jean-Jacques (de 1983 à 1988 à Lyon) regrette qu’il n’y ait «pas suffisamment de ballons en profondeur à l’OL».

«C’est sûr que sa qualité première reste la vitesse. Mais plus on devient un joueur majeur et plus les autres s’adaptent à vous, ce qui n’est pas encore le cas pour Clinton à Lyon. Je le sens beaucoup plus confiant en sélection», remarque Jean-Flaubert Nono. Clinton Njie a réussi des débuts tonitruants avec l’équipe du Cameroun en signant trois buts pour ses deux premières sélections, en septembre 2014, avec surtout un doublé face à la Côte d’Ivoire (4-1) lors des éliminatoires de la CAN.

«Clinton a pris la place de Samuel Eto’o dans les cœurs»

«Il était presque inconnu du public et ce 10 septembre, il a conquis le cœur des fans de football au Cameroun. Son génie et son jeu sans calcul font rêver», s’enthousiasme Otric Ngon, journaliste à Mboa.info. «Ce jour-là, il est devenu le héros national, le symbole de la reconquête de l’honneur perdu dans la bataille des ego au sein des Lions», apprécie son confrère à Camfoot.com Stephen Sunou.

Il faut dire que le Lyonnais s’est illustré au meilleur moment pour marquer les esprits, après une Coupe du monde totalement manquée trois mois plus tôt au Brésil et la retraite de son buteur historique Samuel Eto’o. «Clinton a justement pris la place de Samuel Eto’o dans les cœurs en démontrant un sens du jeu particulier», estime même Léopold Nséké, rédacteur en chef de Cameroon Foot Buzz.

«Il était dépassé par cet engouement»

Un vent de folie qui n’a pas forcément servi le jeune attaquant. «Je pense qu’il était en surchauffe à ce moment-là, analyse Mansour Loum, rédacteur en chef d’Afrik-foot.com. Même lui était dépassé par cet engouement. Déjà en France, on a tendance à souvent parler d’un nouveau Zidane. Alors en Afrique, c’est décuplé pour trouver des successeurs à Didier Drogba et Samuel Eto’o.»

Si à Lyon, certains s’étonnent que Njie ait quatre fois plus joué que Yassine Benzia cette saison, le Cameroun ne s’est toujours pas remis de son statut de remplaçant lors de la dernière CAN (25 minutes disputées dans la compétition). «C’était quasiment un psychodrame au pays, assure Jean-Flaubert Nono. Tous les Camerounais l’ont adopté.» Lyon en fera-t-il de même un jour?

Source : © 20minutes.fr