France – Mœurs : Les confessions de prostitués – 26/01/2015

Photo d'illustration
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En 2008, 18% des hommes interrogés dans une enquête sur la sexualité en France affirmaient avoir rencontré une prostituée au moins une fois dans leur vie.

Seule une enquête réalisée en 2004, à l’initiative de l’association d’aide aux prostituées “Le mouvement du Nid“, a permis de dégager les différents profils de clients qui ont recours à la prostitution. De l’ “isolé affectif et sexuel” à l’ “acheteur de marchandise“, sont aussi recensés les sexistes, les “allergiques à l’engagement” et les “compulsifs de la sexualité“.

Dans cette étude, 60% des clients avaient plus de 30 ans, un tiers étaient mariés ou en couple, un tiers divorcés, un tiers n’avaient jamais vécu en couple, et plus de la moitié étaient pères.

Le problème ce n’est pas les clients. Les clients c’est des hommes comme les autres, il y a des connards, mais aussi des mecs biens.“, affirme Thierry Schaffauser, 31 ans, co-fondateur du “Syndicat du Travail Sexuel“. Avec son visage d’ange et son look d’adolescent geek, cet ancien “escort-boy“, qui a aussi tourné dans quelques films pornos, vend ses charmes depuis plus de dix ans, de Paris à Londres.

“Monsieur-tout-le-monde”

Du visage de Nancy, camouflée sous une cagoule noire, on n’aperçoit que ses yeux de biches, soigneusement maquillés. J’ai vécu des violences extrêmes : pénétrations et fellations à répétitions. Ce sont des agressions multiples qu’on vit au jour le jour“. Elle n’a que 25 ans et travaille à son compte depuis deux ans, “sans mac“, dans une camionnette sur les boulevards périphériques de la capitale : “On fait un métier à risque mais on adore nos clients.”, plaide-t-elle pour “qu’on leur fiche la paix“.

J’ai un client habitué qui vient me voir deux fois par semaine. Il a perdu sa femme d’une maladie et n’arrive pas à en trouver une autre alors il préfère venir nous voir. Un autre, sa femme refuse de lui faire des fellations. Moi je peux. On se respecte mutuellement. Mais c’est pas gratuit.”, témoigne Alexia, 33 ans, mariée depuis six ans avec un client rencontré sur internet.

Sourire poli, visage creusé, Rosen Hicher, ancienne prostituée veut en finir avec cette image “glamour” que certains veulent donner de la prostitution. Son calvaire a duré 22 ans : Elle arrête définitivement la prostitution il y a 4 ans : “Je n’en pouvais plus. Je crois que j’aurais fini par en tuer un.” La lèvre tremblante, elle raconte ce jour où un habitué qui lui rendait visite depuis cinq ans, “sympa, toujours très gentil“, a littéralement “pété un plomb“, lui pointant une arme sur la tête pendant plus d’une demi-heure. “Il me menaçait de mort, ça n’était pas la première fois, mais là il avait une arme et le geste.”

 Le profil de ses anciens visiteurs ? “De tout. Le maçon comme l’avocat, le médecin comme le cuisinier.” Mais pour Rosen, aucun d’entre eux n’a la moindre considération pour les prostituées. Au contraire, ils les confortent dans l’idée qu’elles jouent un rôle social, alors qu’en réalité ils se servent d’elles pour flatter leurs plus bas instincts.“On rencontre des clients qui nous disent qu’on est utiles à la société, qu’on est courageuses, alors que c’est tout à fait le contraire. Le client, lui il est content évidemment, on lui sert. Mais le problème c’est qu’on lui sert de serpillère.”

Source : © L’OBS / Le Monde

Peu d’études ont été consacrées au sujet, alors difficile de connaitre le profil de ceux qui risquent bientôt une contravention. “Le Nouvel Observateur ” est allé interroger les participants des deux rassemblements pour tenter de comprendre qui sont ces hommes “qui vont aux putes”. Regards croisés.