France – Hommages à Fidel Castro : Ségolène Royal contredit François Hollande

François Hollande et Ségolène Royal aux Antilles, le 8 mai 2015. | © WITT/SIPA

A Cuba Cubana, la ministre de l’écologie a honoré la mémoire du défunt. Son discours a ébranlé l’opinion dans son pays.

Depuis la déclaration de Ségolène Royal représentante du président français François Hollande, aux cérémonies d’adieux, à l’ancien président cubain, Fidel Castro, décédé le 25 novembre dernier, des critiques continuent de faire des vagues dans les milieux politiques et associations de défense des droits des victimes du régime de Castro.

Le discours qui fâche

Le fait a eu lieu à Cuba cabana, où les cendres du père de la révolution cubaine devaient arriver, après neuf jours procession. L’ancien candidate à la présidentielle français a reconnu chez le défunt, les qualités d’un homme ordinaire, d’un homme d’Etat qui a inspiré les générations « Il y a toujours du positif et du négatif dans les histoires. Mais certains ne vont pas se rhabiller à bon compte au nom des droits de l’homme quand on sait qu’ici, on demande les listes des prisonniers politiques, on ne les voit pas. Mais bon, fournissez-moi les listes des prisonniers politiques et à ce moment là on pourra faire quelque chose » a-t-elle déclaré d’un ton rassuré.

Les critiques

A gauche, le discours a été violent à l’égard de la 3ème femme du gouvernement français. On estime qu’elle a fait avancer le débat, mais est allée trop loin en oubliant dans son éloge funèbre de reconnaitre que la présidence de Fidel Castro a été couverte d’un voile noire, celui du non respect des droits de l’homme. Certains parlent carrément de honteux les propos de Ségolène Royal, car en contradiction avec la position officielle de Paris. En effet, au lendemain du décès de leader « maximo », le président François Hollande avait quelque peu maintenu dans un communiqué de l’Elysée, ses déclarations de mai 2015, qui reconnaissaient en Fidel Castro, est un homme dont  le parcours a inspiré plus d’une génération dont la sienne. Mais, il a ajouté comme beaucoup, que le défunt était un dictateur qui a fait de la terreur sur ses populations, un mode de fonctionnement.

 La célébration

A droite, on a auréolé le discours de Ségolène Royal. Pour le très remuant et homme politique de la gauche, Jean-Louis Mélachon, les déclarations de la ministre de l’écologie n’ont rien de dramatique. Il  poursuit, cet acharnement d’une bonne partie du gouvernement sur la ministre de l’écologie relève tout simplement de l’hypocrisie « Pourquoi y a –t-il  autant de haine contre cette petite Île, sa population et son leader politique, un homme que les Etats Unis ont essayé d’assassiner 600 fois ? Et, pour le coup, je dis, merci à Ségolène Royal, d’avoir en forçant un peu le trait, rétabli un petit peu l’équilibre ».

Les chiffres qui accablent le révolutionnaire cubain font état de 15 à 17 000 prisonniers politiques cubains fusillés par le pouvoir du leader socialiste depuis 1959. Ces mêmes chiffres parlent de 40 000 détenus à La havane.

Pourtant la popularité de cet homme n’a souffert d’aucune entorse, au vu de la mobilisation de ses compatriotes de l’île au passage de la dépouille de l’illustre disparu de La havane, la capitale à localité de Cuba Cabana où ses restes ont été déposés.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM