France : La Cour de cassation valide la quasi-totalité des écoutes téléphoniques de Nicolas Sarkozy

 La Cour de cassation valide la quasi-totalité des écoutes téléphoniques de Nicolas Sarkozy | Photo d'archives
La Cour de cassation valide la quasi-totalité des écoutes téléphoniques de Nicolas Sarkozy | Photo d’archives

Hier mardi, la Cour de cassation a validé la quasi-totalité des écoutes entre l’ex-chef de l’Etat et son avocat Thierry Herzog dans le dossier pour lequel le président des Républicains est mis en examen depuis juillet 2014 pour corruption et trafic d’influence.

Pour les magistrats de la Cour de cassation, le contenu des écoutes entre Nicolas Sarkozy et son avocat « révèle des indices de sa participation à des faits susceptibles de qualification pénale ».

Retour sur cette affaire

L’ancien chef de l’État est soupçonné d’avoir tenté d’obtenir de Gilbert Azibert, alors magistrat à la Cour de cassation, et par l’entremise de son avocat historique Thierry Herzog, des informations couvertes par le secret. Et ce, dans le cadre d’une procédure sur la saisie de ses agendas, en marge de l’affaire Bettencout, dans laquelle il a bénéficié d’un non-lieu.

De son côté,  Sarkozy devait intervenir en faveur de Monsieur Azibert pour qu’il obtienne un poste de prestige à Monaco, ce qu’il n’a finalement pas fait. L’ex-président y voit la démonstration qu’il n’a rien à se reprocher.

Cet accord secret a cependant été découvert fortuitement par les enquêteurs lors d’écoutes téléphoniques entre Nicolas Sarkozy et son avocat dans le cadre d’une enquête sur un éventuel financement par la Libye de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy. C’est lors de cette enquête en effet que les juges ont découvert qu’il utilisait un deuxième portable sous le nom d’emprunt Paul Bismuth. C’est sur celui-ci qu’a été intercepté l’échange litigieux au sujet du magistrat Azibert.

Le contenu de ces écoutes avait été révélé par « Mediapart » et « Le Monde ». Maître Thierry Herzog s’était à l’époque indigné, assurant redouter «des écoutes illégales». Il avait également estimé que les principes avaient été bafoués, les juges ayant autorisé des écoutes entre un avocat et son client. Pierre-Olivier Sur, à l’époque bâtonnier du barreau de Paris, avait lui aussi dénoncé cette pratique.

Avenir politique compromis ?

La validation de ces écoutes téléphoniques est un nouvel obstacle sur la route de la présidentielle de 2017.  C’est potentiellement l’affaire la plus dévastatrice pour lui et ses ambitions de retour à l’Elysée, a déclaré un responsable du parti Les Républicains, proche de l’ancien chef de l’Etat.

 Dans cette affaire, les juges ont terminé leur enquête. La saisine de la Cour de cassation était le dernier obstacle avant un probable renvoi au tribunal de Nicolas Sarkozy, qui pourrait contrecarrer  ses ambitions présidentielles pour 2017 alors que la primaire des Républicains est prévue en novembre.

Sont désormais attendus le réquisitoire définitif du parquet national financier, puis la décision des juges, qui ordonneront un procès en correctionnelle ou un non-lieu.

© CAMERPOST par Eliane Ndounkeu

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1 Commentaire sur "France : La Cour de cassation valide la quasi-totalité des écoutes téléphoniques de Nicolas Sarkozy"

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Jacques Paulin Hysomoh

C’est le debut là…

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