France – 70ème anniversaire du Débarquement en Provence : le Cameroun et l’Afrique dans la Seconde Guerre mondiale – 16/08/2014

Les commémorations du 70ème anniversaire du Débarquement en Provence auront lieu le 15 août 2014 sur le Porte-avions Charles de Gaulle en présence du Président de la République français et des Chefs d’Etat et de Gouvernement africains. A cette occasion, la présidence du Cameroun a souhaité rappeler le rôle essentiel des soldats africains, parmi lesquels les Camerounais, dans la victoire contre l’Allemagne nazie.

Le porte-avions Charles de Gaulle - Photo : Marine nationale française.
Le porte-avions Charles de Gaulle – Photo : Marine nationale française.

La cérémonie du 15 août 2014 rend hommage aux vétérans du débarquement, à leur courage et leur sens du devoir. Ces hommes ont sacrifié leur vie pour un idéal de liberté.  Près de 200 combattants français et étrangers assisteront à la cérémonie internationale à bord du porte-avions Charles de Gaulle. Parmi les vétérans étrangers, la majorité viendra d’Algérie, du Maroc, des Etats-Unis et de Guinée. Il y aura aussi des vétérans de Russie, de Tunisie, du Burkina Faso, du Royaume-Uni, du Mali, du Sénégal, de Madagascar, etc.

Les soldats qui ont débarqué en Provence appartiennent aux armées anglo-américaines et à l’armée française, issue des Forces françaises libres et de l’armée d’Afrique. Ensemble, ils se sont battus pour libérer la France. Après avoir combattu en Afrique, en Italie et ailleurs, ces combattants de toutes les origines et leurs chefs ont permis que « l’opération Dragoon »      (15 et 16 août 1944) soit un succès. Grâce aux forces combinées des hommes de la 7e armée américaine, de la 1ère division aéroportée anglo-américaine et de l’armée B française, la Provence est rapidement libérée. Ces soldats étaient originaires de : Algérie, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte-d’Ivoire, Djibouti, Etats-Unis, France, Gabon, Guinée, Les Comores, Madagascar, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, République Centrafricaine, Royaume-Uni, Sénégal, Tchad, Togo, Tunisie.

Le contexte historique de la commémoration

Au matin du 15 août 1944, entre Cavalaire et Saint-Raphaël, commence « l’opération Dragoon », nom de code du débarquement complémentaire de celui du 6 juin en Normandie. Face aux unités de la 19e armée allemande, intervient la 7e armée américaine du Général Patch, qui comprend le 6e corps d’armée US, une division aéroportée et l’armée B française. Il est convenu que dès son engagement à terre, cette armée B passe uniquement sous commandement français, celui du Général de Lattre de Tassigny.

Tandis que les Américains s’avancent vers la Haute-Provence et la vallée du Rhône, les troupes françaises s’emparent des ports de Toulon et de Marseille, après de durs combats, bien avant la date prévue. Au lieu d’attendre un regroupement général, le Général de Lattre de Tassigny a décidé d’envoyer vers ces villes les unités au fur et à mesure de leur arrivée à terre. De leur côté, les résistants, en alerte dès le 6 juin et déjà aux prises, dans certains secteurs alpins, avec les Allemands, participent à cette libération, renseignant, guidant ou faisant le coup de feu.

Le 28 août 1944, les hommes du général de Lattre de Tassigny rejoignent les Alliés à la poursuite des Allemands. Petit à petit, les villes tombent et, dès septembre, les combattants d’Overlord et de Dragoon se rejoignent en Bourgogne. Ensemble, ils poursuivront leur épopée qui les conduira jusqu’au cœur du territoire du IIIe Reich.

Le rôle déterminant joué par les soldats africains dans la victoire de la France libre

Le Professeur d’histoire coloniale à l’Université de Toronto Éric Jennings montre très bien dans son ouvrage intitulé « La France libre fut africaine (paru en mars 2014) que :

  • C’est en Afrique-Equatoriale Française (AEF) et au Cameroun que le Général Charles de Gaulle a acquis sa stature d’homme d’Etat.
  • C’est en AEF que la France libre a mené des batailles victorieuses offrant à la métropole un avenir autre que celui dessiné par le Maréchal Pétain.
  • C’est là également que des femmes, des hommes et des enfants ont récolté dans des conditions effroyables le caoutchouc nécessaire aux Britanniques et aux Américains, “au bord de la pénurie”.
  • De 1940 à 1943, les principaux fondements de la France libre ne se situent pas à Londres, comme l’affirment la plupart des récits, mais en Afrique française libre. A l’automne 1940, la France libre s’étendait de la frontière tchado-libyenne au fleuve Congo (ainsi qu’aux îlots français épars du Pacifique et de l’Inde). Et sans ces territoires, le Général de Gaulle n’aurait pas eu la légitimité, la reconnaissance internationale et des arguments à faire valoir contre le régime de Vichy.
  • L’AEF et le Cameroun ont été des bastions gaullistes de la première heure.
  • Le combattant résistant archétypal de la première heure n’est pas un Savoyard coiffé d’un béret, mais plutôt un Tchadien, un Camerounais, ou un Centrafricain.
  • Le Gouverneur Félix Éboué fut l’un des premiers Administrateurs coloniaux à répondre à l’appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle en rallia le Tchad à la France libre.
  • En 1941, Le Colonel Leclerc s’est servi du Cameroun et de l’AEF comme base pour investir la Libye mussolinienne.
  • Les récits de l’ascension fulgurante de Philippe Leclerc, qui confectionne lui-même ses galons pour faciliter le basculement du Cameroun dans le camp de la France libre le 27 août 1940, du serment de Koufra du 2 mars 1941 durant lequel ce même Leclerc jure de ne pas déposer les armes jusqu’à la libération de Strasbourg, de la traversée du désert, de l’héroïque défense de Bir Hakeim du 26 mai au 11 juin 1942 contre les troupes déterminées d’Erwin Rommel mettent en exergue l’engagement, jusqu’au sacrifice suprême des combattants africains pour libérer la France.
  • Au total, plus de 30 000 soldats africains, communément appelés “fantassins’’ ou ‘‘tirailleurs sénégalais’’ ont combattu aux côtés de la France libre.

Le Cameroun, point de départ de l’expédition

Le 25 juillet 1940, à Londres, le capitaine Philippe de Hauteclocque, évadé de France par l’Espagne, se présente à de Gaulle (sous le pseudonyme de “Leclerc” afin de ne pas compromettre sa femme et ses enfants restés en France). De Gaulle le nomme aussitôt chef d’escadron (commandant) et décide de l’envoyer à Lagos (Nigeria) pour y préparer le ralliement de l’Afrique équatoriale française, en compagnie de trois autres envoyés spéciaux : René Pleven, André Parant et Claude Hettier de Boislambert. La mission dont est chargé le commandant Leclerc consiste à rallier le Cameroun à la France Libre. Il débarque à Douala dans la nuit du 26 au 27 août, avec 22 compagnons et prend immédiatement contact avec le commandant Louis Dio, qui arrive de Fort-Lamy à la tête d’un détachement du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad. Le 29 août, les autorités fidèles à Vichy s’effacent ; Leclerc prend le commandement militaire du territoire. De Gaulle le nomme colonel et commissaire général du Cameroun. Il y accueillera de Gaulle le 8 octobre, après l’échec de la tentative de ralliement du Sénégal.

C’est à Douala – dont la population a réservé au chef de la France un accueil enthousiaste – que de Gaulle met au point avec le général de Larminat, haut-commissaire pour l’Afrique équatoriale, et le colonel Leclerc un plan d’action fondé sur une offensive directe contre la Libye sous domination italienne : « Mon intention, expliquera de Gaulle (Mémoires de guerre), était d’établir aux confins du Tchad et de la Libye, un théâtre d’opérations sahariennes, en attendant qu’un jour l’évolution des événements permît à une colonne française de s’emparer du Fezzan et d’en déboucher sur la Méditerranée. Pour cela, il fallait préalablement contrôler l’ensemble de l’Afrique Equatoriale Française. »

Source : Investir Au Cameroun

Avec Présidence du Cameroun