Football : Les défis de Gianni Infantino, le nouveau président de la FIFA

Gianni Infantino, le nouveau président de la FIFA | © AFP / FABRICE COFFRINI
Gianni Infantino, le nouveau président de la FIFA | © AFP / FABRICE COFFRINI

Son crâne dégarni détonait dans la masse. Au point où ce signe distinctif avait permis de mettre un nom sur un visage peu connu. Gianni Infantino. Un personnage jusqu’ici dans l’ombre auquel il faut désormais s’habituer, puisque c’est lui qui présidera aux destinées de la Fédération internationale de football association pour les quatre prochaines années au moins. Lors du congrès extraordinaire du 26 février dernier, conduit à Zurich (Suisse) par Issa Hayatou, l’Italo-suisse a remporté l’élection, au deuxième tour (115 voix sur 207), devant l’autre grandissime favori, le Cheick Salman du Bahreïn (88 voix). Avec notamment le soutien des Confédérations africaine et asiatique, ce dernier semblait pourtant bien parti. Beaucoup craignaient que l’Afrique ne fasse pas bloc derrière le Bahreïni, d’autant que plusieurs pays s’étaient ouvertement déclarés en faveur de l’ex-SG de l’UEFA.

Mais finalement, c’est en Asie, dans le fief du Cheick Salman, que tout s’est joué. Là où l’on pensait que les voix des 46 fédérations lui étaient acquises. Il faut croire que le fait d’avoir deux candidats issus du même continent, Cheick Salman et le Prince Ali de Jordanie, a définitivement fait basculer la balance du côté d’Infantino. D’autant que les deux hommes ne peuvent se voir en peinture. Au premier tour, Infantino et Salman étaient au coude-à-coude avec respectivement 88 et 85 voix. Il était donc logique que le Prince Ali, 3e avec 27 votes, jouent les arbitres, et dans une moindre mesure, Jérôme champagne et ses sept voix. Tokyo Sexwale, le dernier larron, avait, lui, jeté l’éponge avant le début du scrutin. Certains espéraient le basculement du rapport de force du Nord, moins nombreux mais plus nanti, vers le Sud où c’est l’inverse. Ce ne sera pas pour cette fois.

Les jeux sont désormais faits et le successeur de Sepp Blatter peut se concentrer sur les nombreux chantiers qui l’attendent dans une FIFA en pleine tourmente depuis mai 2015 et les différents scandales de corruption qui éclaboussent le gratin du football mondial. Dans ce sens, il va devoir redorer le blason de l’instance, gérer les procédures judiciaires en cours, regagner la confiance des sponsors et surtout implémenter les réformes historiques adoptées lors du congrès du 26 février dernier.

Gianni Infantino, soutenu par de nombreuses gloires comme Luis Figo, Alex Fergusson, Roberto Carlos, Samuel Eto’o ou encore Geremi Njitap, a l’occasion de sortir du costume de doublure de Michel Platini, qu’il secondait à l’UEFA. Car, ce sont ses actions qu’on jugera. En espérant que ses adversaires d’hier ne payeront pas pour leur choix. L’Afrique notamment. Le nouveau président de la FIFA avait annoncé, quelques jours avant son élection, avoir de grands projets pour le continent. Il proposait, par exemple, deux équipes africaines supplémentaires à la coupe du monde dans la nouvelle configuration à 40 qu’il prône. Sans oublier les investissements dans les programmes de développement du football. Mais, il n’est pas certain que tout cela offre une meilleure visibilité au football africain.

A moins que Gianni Infantino ne soit vraiment l’homme du changement, de la rupture, celui qui met le ballon au centre de toute discussion avant tout intérêt mercantile comme il le réclame. Dans ce sens, le choix, dans les prochains jours, d’un secrétaire général sera déjà un indicateur de sa volonté de changement. L’Italo-suisse avait affirmé, au cas où il est élu, que ce poste ne reviendrait pas à un Européen, comme c’était le cas jusqu’à présent. « Il faut également mettre des personnes non-européennes dans des postes de direction à la FIFA. Ce qui fera la richesse de la FIFA dans le futur et c’est ce à quoi je m’engage », a promis le nouvel homme fort du football mondial. Le mot de la fin, lui, revient à Issa Hayatou, ex-président intérimaire, qui a invité toutes les associations à s’unir désormais derrière Gianni Infantino « pour restaurer la crédibilité et la confiance dont nous avons besoin ».

Source : © Cameroon Tribune

Par Josiane R. MATIA

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2 Commentaires sur "Football : Les défis de Gianni Infantino, le nouveau président de la FIFA"

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Titabua Samuel

Vive la corruption

Appolinaire Mimbe

On prend les mêmes et on recommence.. Bravo!!!

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