Football camerounais : Ces clubs mythiques en voie de disparition – 12/06/2015

L'équipe du Canon Sportif de Yaoundé | Photo d'archives
L’équipe du Canon Sportif de Yaoundé | Photo d’archives

Les équipes autrefois célèbres du football camerounais ne le sont plus. Autrefois couronnées elles ne font plus partie de l’élite, du fait de résultats médiocres.

Oryx club de Douala. Un nom évocateur pour les passionnés de football. Le club est célèbre en Afrique pour ses exploits entre 1960 et la fin de la décennie 70. Le 22 mai 2015 à Douala, la légende africaine est aux prises avec Bama fc du Département du Nkam. Peu de supporters au Stade annexe de Bépanda pour vivre un nouvel exploit. C’est que l’Oryx n’attire plus.

La formation du Département du Wouri est le tout premier vainqueur de la défunte Coupe d’Afrique des clubs champions. En 1964 elle dominait en finale le Stade malien de Bamako (2-1). Aujourd’hui ce récit tient davantage du mythe que de la réalité. Le club évolue dans la Ligue régionale du Littoral, l’équivalent de la troisième Division. Depuis sa relégation en Deuxième Division au terme de la saison 1972/1973, la situation de l’équipe du canton Bell n’a pas cessé de se dégrader. Le club a même séjourné quelques années en Ligue départementale. Ils sont désormais lointains et d’une époque révolue, les exploits de l’Oryx. Outre le titre continental jadis remporté, le club peut faire valoir d’autres couronnes sur le plan national. Ce sont 5 Championnats (1961, 1963, 1964, 1965, 1967) et 3 Coupes du Cameroun (1963, 1968, 1970).

Plusieurs raisons expliquent cette descente aux enfers. Selon Din Mbappè Henri, ancien entraineur de l’équipe, plusieurs facteurs ont entrainé la chute du club. Le premier est « la perte du jemea, qui signifie volonté en langue duala ». L’autre cause de cette baisse de régime est la perte des valeurs traditionnelles. Pour l’ancien, « les fils du canton Bell étaient unis (…) le club n’était alors constitué que de fils du canton qui aimaient leur village (…) aujourd’hui le club recrute dans d’autres régions du pays, et les bellois ne veulent plus jouer au football.

L’Union sportive de Douala est autre club de renom de la Région du Littoral. Il s’agit d’ailleurs du plus titré de cette partie du pays. Sur le plan continental les kamakai ont remporté une coupe d’Afrique des clubs Champions en 1979, et une Coupe des Coupes en 1981. Au niveau national ce sont 5 Championnats (1969, 1976, 1978, 1990, 2012) et 6 Coupes du Cameroun (1961, 1969, 1985, 1997, 2006). Contrairement à l’Oryx, les nassaras kamakai sont demeurés en Première Division (aujourd’hui Ligue 1, ndlr). Ils ne font plus partie des meilleures formations nationales, malgré un dernier titre de champion remporté en 2012. Selon Jules Kamga, ancien joueur du club, les raisons de la baisse de régime sont évidentes. De son avis «  l’Union de Douala était la seule grande équipe de la région de l’Ouest. Aujourd’hui d’autres clubs ont été créés et les joueurs se sont dispersés (…) en plus de cela, la relation entre dirigeants et joueurs n’est plus la même(…) le président Ngassa Happy était comme un père pour nous. Aujourd’hui tel n’est plus le cas, car tout le monde est là pour de l’argent».

Caiman de Douala est un autre club mythique des cotes du Cameroun. Son affiliation à la Ligue régionale du Littoral, ne permet pas aux jeunes générations de camerounais de deviner son passé glorieux. Les bana ba ngando ont remporté trois championnats nationaux (1962, 1968 et 1975), ce qui leur a valu des participations aux joutes continentales. L’équipe est presque livrée à elle-même aujourd’hui, selon un membre du staff technique qui a requis l’anonymat. Pour lui l’élite du canton Akwa est quasi absente. Difficile donc de lever des fonds.

Situation quasi identique pour le Léopard du canton Deido. L’équipe se retrouve dans les profondeurs du Championnat régional du Littoral. Mais là s’arrête la comparaison. Les raisons de la déchéance du club sont assez insolites. Selon Maximilien Ntone Diboti, Pca du club, la situation de Léopard « est assimilable à celle du club anglais Arsenal. Le club anglais forme les jeunes et les revend aux autres équipes ». Ce serait de cette manière que les bana ba njo ont été dépouillés de leurs meilleurs atouts. Ici l’on évoque entre autres : Roger Milla, Adalbert Mangamba ou encore Raymond Kalla Nkongo qui ont fait les beaux jours de clubs plus nantis, après avoir évolué au sein de l’équipe de Deido.  Dynamo fc, Aigle du Moungo connaissent eux aussi les affres des Divisions inférieures, après avoir connu la gloire.

Dans la région du Centre, la ville de Yaoundé ne se retrouve plus dans ses clubs mythiques. Canon de Yaoundé bien que présent en Ligue 1, est à des années-lumière de ses performances d’antan. Depuis plusieurs saisons le club évite de justesse la relégation. Son dernier trophée remonte à l’année 2002. Malgré la forte opposition de Cotonsport de Garoua, le kpa-kum reste le club le plus titré avec  10 Championnats et 11 Coupes du Cameroun. Sur le plan continental le club a remporté 3 Coupes des Champions et 1 Coupe des Coupes, ce qui en fait l’un des clubs les plus titrés d’Afrique. Le kpa-kum est plombé par des luttes fratricides pour le leadership. Situation quasi identique pour le Tonnerre Kalara Club. L’équipe du quartier mvog ada peut faire valoir également des titres nationaux et continentaux.

© CamerPost – Olivier Ndema Epo