FMI : la croissance du Cameroun est insuffisante pour atteindre l’émergence en 2035 -09/05/2014

Le PIB du Cameroun devrait croître de 5,5% en 2014, soit le même taux qu’en 2013 selon le Fonds monétaire international. L’institution financière estime que cette stabilisation de la croissance ne permettrait pas au pays d’atteindre l’émergence en 2035.

Le Cameroun espère devenir un pays à revenu intermédiaire avant 2035. © Simon Maina/AFP Photo
Le Cameroun espère devenir un pays à revenu intermédiaire avant 2035. © Simon Maina/AFP Photo

Le Fonds monétaire international (FMI) estime que le Cameroun est en passe de réaliser le même taux de croissance que l’an dernier. Ce résultat ne permettrait pas au pays d’atteindre l’émergence en 2035. “La croissance devrait se stabiliser à environ 5,5 % en 2014 et à moyen terme“, note une mission du FMI, qui a achevé le 8 mai sa visite au Cameroun au titre des consultations de l’article IV de ses statuts.

Une stabilisation consécutive à une hausse sur les deux dernières années – 5,5% en 2013 et 4,6% en 2012 -, due à l’augmentation de la production pétrolière, aux investissements publics dans les infrastructures et à une demande intérieure soutenue.

Émergence hors de portée

Toutefois, prévient l’institution de Bretton Woods, ce rebond de la croissance ne permettrait pas au pays d’atteindre l’émergence en 2035, comme il en a l’ambition. Car, estime l’équipe conduite par Mario de Zamaróczy, le principal défi à relever est d’assurer une croissance plus forte et inclusive afin combattre le chômage et la pauvreté.

Si l’inflation a baissé de 2,4% à 2,1% au cours des deux derniers exercices, le déficit budgétaire ne cesse lui de se creuser. De 2,5% du Produit intérieur brut (PIB) en 2012, il devrait se situer à 5,5% cette année et atteindre 5,7% en 2015. “Le problème tient au fait que les recettes ne permettent pas de couvrir les dépenses“, a estimé Mario de Zamaróczy sur les ondes de la radio nationale.

Subventions

Une tendance attribuable à l’augmentation conjuguée de l’investissement public et des subventions au carburant qui, d’après la Banque mondiale, devraient atteindre 450 milliards de F CFA (694 millions d’euros) cette année.

Sur ce dernier point, la mission recommande leur élimination progressive et leur remplacement par des programmes sociaux ciblés. Le FMI suggère également de mettre en place une stratégie globale d’endettement au regard de la hausse continue de la dette publique qui passerait de 24% du PIB en 2014 à 38% à la fin de la décennie.

Source : Jeune Afrique

Par Omer Mbadi