Fête de l’Unité : Le CPP accuse le régime de Paul Biya de favoriser l’exclusion des Camerounais dans leur propre pays

Kah Walla, presidente du Cameroon People’s Party (CPP) | Photo d'archives
Kah Walla, presidente du Cameroon People’s Party (CPP) | Photo d’archives

La position du Cameroon People’s Party (Cpp) de Kah Walla est claire. La présidente nationale du parti de l’opposition s’est exprimée sur la gestion du pays par le régime en place. En prélude à la Fête de l’Unité du 20 mai 2016, le Cpp a bien voulu se prononcer comme l’a constaté CAMERPOST. « Sur les plans économique, social et politique, des millions de Camerounais sont exclus de leur droit à l’épanouissement en tant que citoyen. Pourtant il était possible de faire autrement », font savoir les interlocuteurs. Dans une note, ces derniers pensent qu’en effet, l’un des principes fondamentaux de gouvernance qui facilite l’inclusion des populations est la décentralisation. Surtout qu’assurer une distribution du pouvoir et des ressources au niveau de gouvernance le plus proche du citoyen, est un des fondements de l’inclusion. Cette décentralisation permet de fournir des services de base et d’assurer l’inclusion du plus grand nombre.

Regard triste

Comment rechercher constamment et systématiquement, l’inclusion du plus grand nombre de Camerounais? Comment une autre gouvernance, une gestion différente par l’inclusion du plus grand nombre, pourrait changer la vie des Camerounais ? Difficile de répondre à ces interrogations parce que sur le plan économique, le parti affirme que sur dix citoyens qui travaillent, neuf sont exclus de l’économie formelle. Ils travaillent dans l’informel, sans salaire fixe, sans assurance quelconque, dans des conditions de travail précaires, sans sécurité ni perspective. Ils magouillent, jonglent avec les impôts, trompent et trichent parce que les voies de la légalité et de l’inclusion sont fermées. Des millions de Camerounais : agricultrices, commerçants, vendeurs à la sauvette, bayamsellam et débrouillards de toute nature sont exclus de l’économie formelle du Cameroun.

Depuis 34 ans, aucune solution méliorative n’est offerte à ces millions de Camerounais/es qui se débrouillent et survivent sans toutefois s’en sortir. « Pire, en tant que nation, nous avons intégré cette  exclusion comme une norme. Année après année, nous acceptons que cette vaste majorité de travailleurs continuent d’exercer, sans amélioration significative et sans espoir manifeste », poursuit le vis-à-vis.

Sortir de l’ornière

Plusieurs pays dans le monde utilisent diverses stratégies pour intégrer progressivement les acteurs et actrices de l’économie informelle dans l’économie formelle. Voici quelques mesures qui ont fait leurs preuves chez d’autres et qui pourraient fonctionner chez-nous, selon le Cpp : au niveau de l’agriculture,  les travailleurs les plus nombreux au Cameroun sont les agricultrices et agriculteurs. « Il est possible dans chaque commune et dans chaque région de recenser l’ensemble des paysans et, sur la base de la performance, de les accompagner afin d’obtenir les résultats ci-après qui garantissent une réelle amélioration de leurs conditions de vie ». Notamment l’agrandissement des parcelles de terres cultivées; la mécanisation de l’agriculture; la formation sur les techniques de production et de commercialisation; l’accompagnement pour le financement de l’activité agricole; l’accompagnement pour la commercialisation groupée des produits agricoles.

Concernant les espaces marchands, le Cameroon People’s Party relève que les marchés sont parmi les lieux de grande activité économique au niveau local. En Afrique, plusieurs pays ont utilisé la gestion des marchés pour intégrer progressivement les acteurs de l’informel vers le formel, avec des mesures telles que : la formation des commerçant/es sur la gestion de leur activité; la construction des espaces marchands modernes avec les commerçant/es comme actionnaires du marché en partenariat avec la commune ; la mise en place d’une structure de cogestion du marché comprenant les commerçants et les représentant/es de la commune; la modernisation des marchés avec des infrastructures telles que : l’eau courante, l’électricité, les toilettes modernes, étalages modernes, chambres froides, espaces de conservation, etc. Dans le domaine social, le Cpp propose l’assurance maladie universelle (AMU) au travers de laquelle, le Cameroun pourra tirer des leçons de l’expérience d’autres pays. A l’instar de la Côte d’Ivoire qui vient de mettre en place une AMU qui coûte 1 000 fcfa par mois à tous les citoyens.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa