Exposition: Dans les labyrinthes de Romuald Dikoume

L’artiste réinterprète, à sa manière, son environnement à travers des clichés captés dans deux villages de pêcheurs et exposées à Douala.

Romuald Dikoume présentant ses toiles
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Ce n’est pas la première fois qu’on les voie. Pourtant, elles nous parlent à chaque fois. Ces photographies du jeune plasticien Romuald Dikoume, mué en photographe. Question d’immortaliser les risques courus dans les eaux du Wouri par des jeunes de Bonendalè et Youpwe, deux villages de pêcheurs à Douala, pour leur survie quotidienne et celui de leur famille respective. Des jeunes non-scolarisés qui, âgés de 20 ans au plus, sortent de chez eux à 4h pour aller puiser du sable et pêcher du poisson dans le Wouri pour revenir à 8h, et entre 16h et 19h. « J’ai fait cette expérience à deux reprises et j’ai compris que c’est un vrai labyrinthe », soutient Romuald Dikoume. Et de s’interroger : « Pourront-ils continuer ce métier, finalement héréditaire, quand ils auront 40 ans ? Et comment feront-ils à cet âge pour survivre ? ». Qui vivra, saura !

L’exposition étrennée à la bibliothèque de l’Institut français de Douala, le 7 novembre 2013, présente dix-sept photographies. Dans ce labyrinthe, on découvre des jeunes, arborant juste un caleçon, très concentrés dans leur boulot. Avec comme outil de service, un sceau fatigué servant de plonger au fond du fleuve pour ramener du sable en surface, une pelle pour le transférer de la vieille barque pour le rivage et un filet raccommodé dans tous les sens. Les rébus de poissons écaillés sont déversés dans le fleuve. S’improvisant parfois bûcheron, ils abattent les arbres plantés dans les alentours pour faire leur cuisson. Le visage radieux comme vous en trouveriez au détour d’une « rue de la joie ». En le faisant, « ils détruisent l’écosystème sans toutefois le savoir. C’est ce dont je crains parce que je ne sais pas comment nous vivrons dans cette ville dans les années à venir », s’inquiète Romuald Dikoume.

Dans ce travail de découverte et de sensibilisation, on note une prédominance des couleurs de souffrance, de la pénitence (violet et noir) pour décrire la réalité. Cependant, Romuald Dikoume ouvre une brèche vers l’espoir avec un peu de jaune et du blanc. Ces photographies ont été réalisées en 2010 et retouchées en 2011 et 2012. Elles ont été exposées à l’IFC de Yaoundé le 4 février 2013, puis au centre contemporain, Doual’art, le 15 août, avant cette exposition de l’IFC de Douala qui est encore en cours, pourtant elle devait s’achever depuis le 30 novembre 2013.

© camerpost.com: Frank William BATCHOU

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