Expo: Les tristes réalités d’Aserkash

Elle s’est tenue au centre d’art contemporain, Doual’art. Elle présente les douleurs sociales de l’environnement des villes africaines.

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Son exposition n’a pas fait grand bruit. Tant auprès des hommes de presse que du public. Parce que, probablement, c’est la première fois qu’elle arrive chez nous. Ce n’est guère une excuse ! Pourtant, les photographies et peintures du plasticien congolais Aserkah le méritaient si bien. Surtout en ce temps où, l’actualité sous régionale est marquée par cette instabilité politique et sociale en République centrafricaine. On n’en dit pas long !

Ce sont vingt-sept tableaux qui s’offrent à la curiosité du visiteur. Dans ce voyage artistique, les différentes étapes parcourues en compagnies des œuvres de l’artistes ne sont pas toujours joyeuses : « Guerre des mots », « Intentions criminels », « cibles », « Infanticide », etc. Le premier trajet est fait de photographies matoshées sur toile ou sur du vinyl. Sur les visages présentés, il n’est visible aucun brin de sourire. Mais de la souffrance et des douleurs caractérisées par des fissures ; bien visibles. La prédominance du noir en dit davantage sur l’état d’esprit de réalisation et de l’environnement de l’artiste. Pourtant ces personnes représentées sont, à en juger par leur aspect vestimentaire, d’une classe sociale respectable. Grand paradoxe. On se croirait face à une scène où un apparatchik, bien costumé, est pris dans les serres de l’épervier. « Très souvent, ceux qui sont en costume et cravate, dictant la loi un peu partout, sont les plus tristes de cette terre. Faut les côtoyer pour en savoir plus. Ils manifestent une joie-douloureuse », lâche Patrick, un visiteur.

Comme dit l’adage, « les plus grandes douleurs sont internes ». Aserkah en a, probablement souffert. Les personnes de son entourage également. Pour cesser de s’apitoyer sur ce sort dans le second trajet du voyage, il ouvre une brèche sur l’espoir : « L’aire libre », après une « garde à vue » et une « cellule d’isolement ». Une rêve de liberté qu’il caresse tendrement sur des peintures et matoshages sur toile ; avec une forte dominance des couleurs vives (blanc, le rouge et le jaune). C’est ce rêve cher à Aserkah qui a été exposé, avec fierté, pendant plus d’un mois au centre contemporain d’art, Doual’art, à Bonanjo.

Camerpost.com: Frank William BATCHOU