Evasion fiscale : le scandale « Panama papers »

Panama | © AFP/Rodrigo Arangua
Panama | © AFP/Rodrigo Arangua

Une enquête menée par la presse révèle les avoirs cachés de nombreuses personnalités de la politique et du sport.

L’affaire pourrait être qualifiée de fuite la plus importante de l’histoire de la presse. Des noms des chefs d’Etat encore en fonction et des vedettes du sport sont cités dans un vaste système d’évasion fiscale. Les personnes incriminées dans ces révélations sont soupçonnées d’avoir eu recours à des montages offshore pour dissimuler leurs actifs financiers. Dix fois plus importante que Wikileaks, ce scandale baptisé «Panama Papers» représente au total 11,5 millions de documents, 2,6 téraoctets de données provenant des archives du cabinet panaméen Mossack Fonseca, spécialisé dans le montage de sociétés offshore. La masse de documents en question est constituée de mails, tableaux et fax, livrée par une source anonyme au début de l’année 2015 au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.

Le journal allemand qui enquêtait sur les accusations de fraude fiscale visant la Commerzbank, la plus grosse banque du pays, a dû recourir aux services de 106 autres rédactions à travers le monde pour décrypter les documents en sa possession. Un an durant, 370 journalistes sont associés pour parcourir le stock de documents.

Dans le monde politique, douze chefs d’Etat dont six encore aux affaires sont mis en cause. Dans cette liste, figurent Nawaz Sharif, Premier ministre pakistanais, le roi Salman d’Arabie saoudite, le président ukrainien Petro Porochenko, son homologue argentin Mauricio Macri, le président chinois Xi Jinping. Des proches du président russe, Vladimir Poutine, à l’instar du violoncelliste Sergueï Roldouguine, parrain de l’une de ses filles sont cités. En Afrique, les noms des présidents Jacob Zuma et de Joseph Kabila sont cités. Ainsi que celui du fils du président congolais, Denis Christel Sassou Nguesso, surnommé «Kiki le pétrolier». Dans le monde du sport, Lionel Messi et Michel Platini sont évoqués. Une vingtaine d’autres stars du FC Barcelone, du Real Madrid et de Manchester United en font partie.

Du côté du cabinet Mossack Fonseca, l’on dénonce «un crime, un délit, une attaque» contre le Panama. Ramon Fonseca, l’un des co-fondateurs dudit cabinet nie les faits. «Nous n’avons jamais été reconnus coupables de quoi que ce soit. Nous avons été piratés de façon organisée. Nous avons déjà réparé les dommages. Tous ces noms répertoriés, y compris les joueurs de foot, les types de la mafia, ce ne sont pas nos clients. Ce sont les clients des banques intermédiaires qui ont acheté une de nos filiales, puis l’ont vendue, et ces gens-là s’en servent pour faire n’importe quoi», s’en défend-il. Alors que les révélations ne font que commencer, la justice française a ouvert une enquête préliminaire hier pour «blanchiment de fraudes fiscales aggravées».

Source : © Cameroon Tribune

Par Sainclair MEZING